LIVRE V.
303
sage au Propnigeum (i), qui est dans le retour de l’autre portique. Tout procheen dedans de la chambre froide* est l’étuve voûtée pour faire suer; cette piècedoit être deux fois plus longue que large. Dans l’intérieur, sur le côté, se trouvele Jjaconicum bâti de la même manière qu’il a déjà été dit, et à l’oppositeestle Bain d’eau chaude, C’est ainsi que les péristyles de la palestre doivent êtredisposés.
11 y a de plus, en dehors, trois autres Portiques, dans l’un desquels on entreen sortant du Péristyle. Les deux autres sont à droite et à gauche, on peut s ’yexercer comme dans le Stade (2). Celui de ces portiques qui regarde le septen-trion doit être double et fort large; l’autre sera simple ( 3 ), mais, construit de tellesorte que le long du mur et le long des colonnes il y aura comme des cheminsélevés, larges de dix pieds, qui laisseront au milieu un autre chemin bas danslequel on descendra par deux degrés, qui occuperont un pied et demi depuis lechemin haut jusqu’au chemin bas, qui n’aura pas moins de douze pieds. Par cemoyen, ceux qui se promèneront avec leurs vêtements sua’ces chemins hauts neseront point incommodés par ceux qui s’exerceront dans le bas. Cette sorte deportique est appelée Xystos par les Grecs, d’autant qu’il forme un Stade cou-vert oh les athlètes peuvent s’exercer pendant l’hiver.
Afin de bien établir ces Xystes, on fait entre les deux Portiques une planta-tion de Platanes avec des allées dans lesquelles 011 place d’espace en espace des
( 1 ) Mercurial interprète le mot grec propnigeum,præfürnium comme étant dérivé de pnigeus , qui si-gnifie un four ou une cheminée. Philander, qui le dérivede pnix , qui signifie étouffement et suffocation , croitque c’était un lieu plein d’une vapeur chaude propreà faire suer. Mais le Lacun'cum et le lieu appelé con-camerata sudatio , étaient faits pour cela ; de sorte qu’ily a plus d’apparence que le Propnigeum était une salleoù étaient les cheminées par lesquelles on mettait le feuqui passait sous les lieux appelés Calida lavatio , Laco-nie um et Concamerata sudatio , et que c’était aussi dansce lieu que le bois était serré.
( 2 ) Le stade était un espace de 125 pas , qui faisaitenviron go de nos toises. Ce mot est dérivé du verbeSto, qui signifie s’arrêter , parce que l’on dit ,qu’Her-cule courait tout d’une haleine cet espace au bout du-quel il s’arrêtait. En cet endroit le stade signifie un lieucourbé en demi-rond par les deux bouts , et entouré dedegrés pour placer ceux qui regardaient faire les exer-
cices de la course, ainsi qu’il se voit dans la plan-che XIX.
(3) Il faudrait dire les deux autres , car cela se doitrapporter aux deux Portiques extérieurs , qui sont àdroite et à gauche de celui du milieu, qui est double.Ces Portiques simples sont marqués RR, et le doubleQQ , dans la planche XIX. La même chose doit êtreaussi entendue, lorsqu’ensuitc il est dit qu’il faut fairedes promenoirs découverts le long du Xyste couvert etdu double Portique , car le Xyste couvert ou singulierrsl mis pour les Xystes couverts, qui sont les PortiquesRR, placés à droite et à gauche du Portique double QQ.Il y a cent exemples, dans toutes les langues, de ces sin-guliers mis au lieu du pluriel, comme quand on dit qu’unhomme a l’œil trouble, ou le pied sûr, on n’entendpoint que cela soit dit d’un seul œil, d’un seul pied. Vi-truve est obscur en beaucoup d’endroits, où il use decette figure assez mal-à-propos.