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* VITMJVE,
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CHAPITRE III.
DE LA MANIÈRE DE FAIRE LES PLANCHERS EN VOUTE, LA TRULLISÀTION ET LES ENDUITS.
Quand on veut faire des planchers en voûte , il faut placer de deux pieds endeux pieds des membrures en bois de cyprès, parce que celles de sapin secarient trop tôt. Il faut les disposer en demi-cercle et les attacher fortementavec des liens (i) que l’on fixe avec des clous de fer au plancher ou au toit, etil faudra pour ces liens choisir du bois qui ne soit point sujet à se gâter par letemps, la vermoulure ou l’humidité. On emploiera donc le buis, le genévrier,l’olivier, le robur ( 2 ), le cyprès et plusieurs autres, mais non pas le chêne com-mun, parce qu’il se tourmente trop et fait fendre les ouvrages ou on l’emploie.
Les membrures étant bien arrêtées, ontues et écachées, afin qu’elles puissentvoûtes; et elles seront liées avec des
(1) Ce que Vitruve nomme ici catenas est ce que noscharpentiers appellent des liens. Ce sont des mor-ceaux de bois qui ont un tenon à chaque bout, etqui, étant chevillés, entretiennent la charpenterie entirant; de même que les esseliers et les jambettesentretiennent en résistant ; ils servent ici à attacherles membrures courbées aux solives du plancher ouaux chevrons du toit.
(2) Il y a plusieurs espèces de chêne qui n’ont pointd’autre nom en français que celui du genre. J’ai tra-duit robur, au neuvième chapitre du second livre,chêne, parce qu’il ne s’agissait que du chêne en géné-ral : mais ici, où robur et quercus sont comparés l’unavec l’autre, j’ai été contraint de les distinguer, endonnant à l’un son nom français, et à l’autre celuiqu’il a en latin : car le nom de rovrc qui est dans
y attachera des carmes grecques (3) bat-aisément se plier selon la courbure descordes faites de genêt d’Espagne. On
l’bistoire générale des plantes n’est point en usageen France. La différence qui est entre ces deux arbresest que quercus ou chêne est plus grand, ses feuillesplus larges, ses glands plus courts, et son bois plussujet à se gercer que celui du robur , qui est ferme etdurable , noueux et tortu, tout l’arbre étant moinsgrand, les feuilles plus étroites, et les glands pluslongs.
(3) On ne trouve point dans les auteurs qui ontécrit des plantes qu’il soit fait mention d’une espècede cannes qui soient appelées grecques. Mais il y aapparence que l’espèce dont il est ici question estcelle que Théoplirate appelle plocimon , c’est-à-direqui est si menue qu’on la peut entrelacer et tortiller,ainsi que nous faisons de la paille dont on garnitles chaises et dont on fait de la natte.