LIVRE VIII.
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septentrion 5 delà il passe à Fîle Eléphantine et à Sienne, et par les campagnesde la Thébaïde, en Egypte, où il prend Je nom de IVil. Or on juge que la sourcedu Nil est en Mauritanie, parce que dans la partie opposée du mont Atlas on voitles sources de beaucoup d’autres fleuves qui se déchargent dans l’Océan occi-dental (10), à l’endroit où naissent les iclmeumons, les crocodiles et plusieursautres genres d’anirnaux et de poissons, outre les hippopotames (11).
Puisqu’on voit dans la description du monde que les plus grands fleuves sem-blent tous venir du septentrion, et que les campagnes d’Afrique qui sont dansles régions méridionales, fort proches du cours du soleil, ne paraissent pointavoir d’humidité, et n’ont en effet que fort peu de fontaines et de rivières 5 il estcertain que les meilleures sources des fontaines sont celles qui coulent vers leSeptentrion, à moins qu’elles ne passent par des lieux sulfurés, alumineuxou bitumineux, qui changent leur qualité et qui les rendent chaudes, ou qui, sansles échauffer, leur communiquent une mauvaise odeur ou quelque goût désa-gréable. Car il ne faut pas croire qu’il y ait aucune eau qui soit chaude de sanature propre ; mais c’est qu’elle s’échauffe en passant par un lieu brûlant : lapreuve, c’est que ces eaux, étant sorties bouillantes des veines de la terre, nepeuvent conserver long-temps leur chaleur et se refroidissent assez vite. Or, sielles étaient naturellement chaudes, elles ne perdraient pas leur chaleur, maiselles la conserveraient, de même qu’elles conservent le goût, l’odeur et la couleurqu’elles ont contractés, parce que la nature subtile de cet élément lui permetde s’imprégner fortement des vertus des matières qu’il a traversées.
(10) Les géographes n’ont point remarqué cesfleuves, et il n’y a que le Niger qui se décharge dansl’Océan occidental ; mais il ne vient point du Mont-Atlas.
(11) (Des nouveaux Editeurs.) On sait, commel’observe très-bien Vitruve, que les hautes montagnesarrêtent les nuages; que pour cette raison il pleutdavantage sur les montagnes et dans le voisinage desmontagnes que sur les plaines. Nousvojons, en effet,que les fleuves et les rivières ont toujours leurs sour-ces dans les montagnes les plus élevées au-dessus duniveau delà mer , et qu’elles descendent ensuite verselle. Il était aisé à Vitruve, d’après ce qu’il avait dit
d’abord, de faire ce dernier raisonnement, qui a pourbase la vérité. Au lieu de cela, pour appuyer ce qu’ila d'abord avancé, que le soleil attire toute l’humiditédu midi, que les vents poussent ensuite vers le nord;il dit que les plus grands fleuves viennent du nord,ce qui n’est pas exact. Parmi ceux qu’il cité, plusieursmême ont leur source au midi, et leurs eaux coulentvers le nord; tels sont le Rhin et le Nil. La descrip-i lion qu’il fait du cours du Nil est très-intéressante,et si on la confronte avec les cartes modernes les plusexactes, on verra qu’il connaissait le cours de ce fleuvejusqu’à sa source, à peu près comme nous le connais-sons aujourd’hui.