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VITRUVE,
CHAPITRE YI.
DE LA CONDUITE DES EAUX, ET DES INSTRUMENTS POUR NIVELER.
Je vais expliquer maintenant les moyens employés pour conduire les eauxdans rintérieur des villes et dans les habitations. Il faut d’abord commencer paren bien prendre le niveau.
On le prend ou avec le Dioptres (i), ou avec les balances dont on se sert ordi-nairement ( 2 ) pour niveler les eaux, ou avec le Chorobate, ce qui rend l’opérationplus certaine, parce que l’on peut se tromper (3) avec le dioptres et avec les ba-lances. (Yoir PL LXXYI et LXXVII.)
Le Chorobate est composé d’une règle longue de vingt pieds, à laquelle sontjointes, aux deux extrémités et à l’équerre, deux autres règles en forme de coude,et de deux autres tringles qui sont entre la règle et les extrémités des piècescoudées (4), sur lesquelles on marque des lignes perpendiculaires ; sur ces lignes
(1) Il n’y a point de mot français pour expliquercelui de Dioplra. Il signifie généralement toutes sortesd instruments où il y a des pinnules, comme sontl’astrolabe, l’alidade, le carré géométrique, le bâ-ton de Jacob, etc.
(2) On pourrait douter si Libra aquciria ne signifiepoint ici un niveau fait avec de l’eau, s’il n’en étaitpoint parlé dans la suite comme d’un instrument dif-férent de celui qui est appelé ici Libra aquaria.
(3) Il y a apparence que cette balance n’est autrechose que le niveau dont les fontainiers se servent eza-core à présent, qui est un instrument de cuivre, com-posé de deux règles, dont l’une est jointe à angledroit au milieu de l’autre. L’usage de l’instrument estqu’étant pendu par l’endroit où les deux règles sont
assemblées, la règle qui est pendante tient l’autre àniveau, le long de laquelle on regarde. La raison queVitruve a de préférer le chorobate à cette balance etaux autres dioptres, est qu’étant tenues à la main,elles sont chancelantes et n’ont pas la certitude quise trouve dans le chorobate , qui étant assuré et af-fermi sur terre, permet à son plomb de s’arrêter etde marquer distinctement l’endroit où il s’arrête.
(4) Il a fallu , ce me semble, interpréter ainsi interregulam et ancones. Car il n’y aurait aucun sens d’ex-pliquer à la lettre entre la règle AA et les pièces cou-dées BD, parce qu’il est certain qu’entre la règle etles pièces coudées, absolument et simplement, il n’y arien, parce qu’elles sont jointes ensemble; mais entrela règle AA et l’extrémité des pièces coudées DD, il