LIVRE IX.
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CHAPITRE III.
DECOUVERTE d’àRCHIMEDE.
Parmi le grand nombre d’admirables découvertes faites par Archimède, il fautremarquer celle dont je vais parler, et dans laquelle il montre une subtiliféd’esprit presque incroyable.
Lorsque lliéron régnaità Syracuse, ce prince, ayant heureusement réussi danstoutes ses entreprises, fit vœu d’offrir dans un certain temple une couronne d’oraux dieux immortels. Il convint avec un ouvrier d’une grande somme d’argentpour la façon, et lui donna l’or au poids. Cet artisan livra son ouvrage le jourqu’il l’avait promis au roi, qui le trouva parfaitement bien exécuté, et la couronneayant été pesée parut être du poids de l’or qui avait été donné; mais lorsqu’onéprouva l’or par la pierre de touche (i), on reconnut que l’ouvrier avait rem-placé une partie de l’or pour y mettre autant d’argent en la place. Le roi futtrès-offensé de cette tromperie, et ne pouvant trouver de moyen pour convaincrel’ouvrier du vol qu’il avait fait, il pria Archimède d’en chercher quelqu’un dansson esprit Un jour qu’Archimède , tout préoccupé de cette affaire, se mettaitau bain, il s’aperçut par hasard qu’à mesure qu’il s’enfoncait dans le bain l’eaus’en allait par dessus les bords. Cette observation lui fit découvrir la raison dece qu’il cherchait, et, sans tarder davantage, la joie le transporta tellement qu’ilsortit du bain, et, courant tout nu à sa maison, il se mit à crier qu’il avait trouvéce qu’il cherchait, disant en grec : Eurecal eureca ! (Je Vai trouvé! je V ai trouvé /)
On dit qu’à la suite de cette première découverte il fit faire deux masses dumême poids qu’était la couronne, l’une d’or et l’autre d’argent ; qu’il plongea
(1) Je traduis ainsi, suivant Philander , ces mots :postquam indicium'esl factum ; car, bien que indiciumsignifie simplement la connaissance que l’on a parquelque signe que ce soit, il y a grande apparence que
Vitruve entend ici la connaissance que l’on a de la pu-reté de l’or par la pierre de touche, qui, à cause decela, est appelée index.