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Les avantures de Telemaque, fils d'Ulysse / par seu Messire François de Salignac, de la Mothe Fenelon, Précepteur de Messeigneurs les Enfans de France, & depuis Archevêque-Duc de Cambray, Prince du Saint Empire
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DISCOURS SUR

QuatrièmeObjectioncontre leTéléma-que.

Reíonsí,,

Cínqui meObjectioncontre leTéléma-que.

Reïonse.

; profondeurpour 1empêcher dy tomber, & Véloigner même des bords d'u»précipice si affreux. .Cétoit donc une sagesse digne de notre Auteur , de pré-cautionner son Elève contre les folles Passions de la jeunesse par la Fable de Ca-lypso ; & de lui donner dans lHistoire dAntiope, 1 exemple dun Amour chasseSc légitime. En nous représentant ainsi cette Passion, tantôt comme une Foiblefíêindigne dun grand cœur , tantôt comme une Vertu digne d un Héros, il nousmontre que lAmour nest pas au-dessous de la majesté de FEpopée ; & réunitpar- dans son Poème les Passions tendres des Romans modernes, avec les Vertushéroïques de la Poésie ancienne. ^ ^

Quelques-uns croyent que lAuteur du Télémaque épuise trop son sujet, parlabondance & la richesse de son génie. Il dit tout , & ne laisse rien à penseraux autres. Comme Homère, il met la Nature toute entière devant les yeux.On aime mieux un Auteur , qui comme Horace renferme un grand sens en peude mots, & donne le plaisir den déveloper létendue.

II est vrai que l'Imagination ne peut rien ajouter aux peintures de notre Poè-te : mais lesprit en suivant ses idées , souvre , & sétend. Quand il sagitseulement de peindre , ses Tableaux sont parfaits , rien ny manque. Quand il, faut instruire, ses lumières font fécondes, & nous y dévelopons une vaste éten-due de pensées. Il ne laisse rien à imaginer , mais il donne infiniment ,à penser.C'est ce qui convenoit au caractère du Prince pour qui seul lOuvrage a été fait.On démêloir en lui au travers de lenfance, une imagination féconde & heureuse,,un génie élevé & étendu» qui le rendoíent sensible aux beaux endroits dHomé-s re & de Virgile. Ce fut . ce qui inspira à T Auteur le dessein dun Poème quirensermeroit également les beautez de l'un & de lautrc Poète. Cette aíHuencede belles images étoit nécessaire , pour occuper 1 imagination, & former le goûtdu Prince. On voit assez que ces beautez nauroient pas plus coûté à suppri-mer quà produire ; qu'elles coulent avec autant de dessein que dabondance *pour répondre aux besoins du Prince & aux vues de I Auteur.

On a objecté, que le Héros & la Fable de ce Poème nont point de rapportà la Nation Françoise : Homère & Virgile ont intéressé les Grecs & les Ro-mains, en choisissant des actions & des Acteurs dans les Histoires de leursPais.

Si lAuteur na pas intéressé particulièrement la Nation Françoise, il a faitplus, il a intéressé tout le Genre-humain. Son plan est encore plus vaste quecelui de lun & de Vautre des deux Poètes anciens., II est plus grand dinstrui-re tous les Hommes ensemble, que de borner ses préceptes à un Pais particulier.LAmour-propre veut qu'on rapporte tout à foi, & le trouve même dans la-mour de la Patrie. Mais une ame généreuse doit avoir des vues plus étendues.

Dailleurs, quel intérêt la France na-t-elle point pris à un Ouvrage , qui luiavoit formé un Prince si propre à la gouverner un jour selon ses besoins & ses dé-sirs , en Père des Peuples & en Héros Chrétien ? Ce quon a vu de ce Prince,donnoit lespératfee & les prémices de cet Avenir ; les Voisins dc la France yprenoient déja part, comme à un bonheur universel. La Fable du. Prince Gréadevenoit VHistoire du Prince François.

LAuteur avoit un dessein plus grand que celui de plaire à Nation; il vou-loir la servir à son insu, en contribuant â lui former un Prince qui jusques dansles jeux de son enfance paroissoit pour la combler de bonheur Sc de gloire.Cet auguste Enfant aimoit les Fables 8c la Mythologie ; il fàloit profiter de.son goût t lui faire voir dans ce quil estimoit le Solide 8c le Beau , le Simplç