6 Les Aventures
Hie diíoít tout ce que je devois faire pourmarcher fur les traces de Minos , & pourrendre mon Royaume heureux. Iln’avoitpas une auffi profonde sagesse que vous , ôMentor ; mais ses maximes étoient bon-nes. Je le reconnois maintenant. Peu àpeu les artifices (6) de Protesilas , quiétoit jaloux & plein d’ambition , me dé-goûtèrent de Philocles. Celui-ci étoit fansempressement, & laissoitl’autre prévaloir.II fe contenta de me dire toujours la vé-rité, lorsque je voulois l’entfcndre. C’étoifcmon bien, & non fa fortune qu’ilcher-choit.
Protesilas me persuada insensiblementque c’étoit un esprit chagrin & superbe,qui critiquoit toutes mes actions, qui neme demandoit rien, parce qu’ilavoitlafierté de ne vouloir rien tenir de moi, &d’aípirer à la réputation d’un homme quieít (7) au-dessus de tous les honneurs.II ajouta : que ce jeune homme ($)> qui
(6j A Fusage qu'un courtisan sait de sa faveur ,il est aisé de connoitre s’il la doit à son mérite on « ferintrigues. Agrippa ne déscrvoit personne. Séjan n'étoitoccupé qu'à nourrir les soupçons que l'esprit inquiet deTibère sormoit à tous les instants.
( 7 ) Au-dessus de tous les honneurs. Mr. de Tu-rcnne préféra toujours son titre de Vicomte à celuide Maréchal de France , est crut ne pouvoir porterle dernier Jans s'abaisser.
( 8 ) Appelles fut accusé, par un Peintre jaloux dest gloire, i'avoir trempé dans mie conspiration contre