HISTORIQUE
tionnelle. En 1636, Boèce de Boot devine la véritable nature des cérau-nies et, « au risque de passer pour fou » comme il le dit lui-même, ilaffirme que ce sont des instruments, haches, marteaux ou autres ; seule-ment il croit que ces objets étaient primitivement en fer et qu’ils ont étépétrifiés par un long séjour dans la Terre
Mais c’est surtout à l’Italien Mercati 2 que revient le mérite d’avoirdonné à l’Archéologie préhistorique une base solide en reconnaissant lecaractère véritable de ses premiers documents. Dans sa Métallothèque,ouvrage cpii fut écrit au XVI me siècle, mais qui resta manuscrit dans labibliothèque du Vatican , et ne fut publié qu’en 1717 par les soins dupape Clément XI , il établit que les prétendues céraunies sous leurs di-verses formes, qu’il décrit très exactement, sont des silex qui ont été pé-niblement taillés pour servir de haches, de couteaux et de flèches ; de làil conclut qu’il fut un temps où l'Homme, ne connaissant aucun métal,en était réduit à ces instruments primitifs ; et que l’emploi de ces der-niers marquait déjà un grand progrès sur les périodes antérieures, oùl’Homme n’avait pour se défendre qu’un bâton ou même ses ongles etses dents. Seulement, écrivant à Rome et sous l’influence du Vatican ,Mercati essaie de concilier sa découverte avec la chronologie biblique, etil place son Age de la pierre entre Adam et Tubal-Caïn .
Du reste, ce respect pour les théories de la Genèse et les donnéesde la Cosmogonie judaïque est général à cette époque: en 1655, LaReyrère 3 ayant admis l’existence de préadamites ou gentils antérieurs àAdam , fut très vivement attaqué et traité d’hérétique 1 ; pendant long-temps encore, la Théologie prétendit avoir le dernier mot dans ces dis-cussions d’ordre purement scientifique.
Le XVllI me siècle fit faire à la Préhistoire un nouveau pas en avante n lui apportant le secours de deux sciences : l 'Archéologie et l’Ethno-graphie comparées.
Les nombreux voyageurs qui sillonnèrent alors les mers et les con-tinents lointains firent connaître en Europe les mœurs de tribus encoresauvages et rapportèrent des spécimens de leurs armes et des produitsde leur industrie.
C’est ainsi que de Jussieu 3 , ayant eu sous les yeux des armes de
1 Boèce de Boot. Gemmarum et lapidum historia. I.ugd. Batav., 1836, in-8.
2 Metallotheca Vaticana. Rome 1717, in fol.
;l J-a Peyrère. Systema theologicum ex praeadamitarum hypothesi, 1655.
’ Pythius. Responsio exetastica ad tractatum incerto auctore nuper editum cui titulus* t'raeadamiîne ». I.ugd. Batav. 16!56; cf. Hulsius, Revius, etc.
" De Jussieu. De l'origine et de l’usage des pierres de foudre. Acad, des Sc., in-4*723. Mém.