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La Suisse préhistorique : le Paléolithique et le Néolithique / A. Schenk ; préface de F.-A. Forel
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HISTORIQUE

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fications que l’on faisait alors sous les murs. 11 recueillit bientôt plu-sieurs morceaux de silex, qui lui parurent porter les marques d’unetaille grossière destinée à les transformer en outils ; et, ayant constatéque les couches du diluvium ne portaient aucune trace de remaniementet que ces silex étaient accompagnés d’ossements de Mammifères - fossi-les, il en conclut qu’il se trouvait en présence d’outils d’un Homme fos-sile contemporain de ces animaux. Tel est le sens de la première com-munication qu'il fit en 1838 à la Société d’émulation d’Abbeville. Cessilex étaient surtout des haches taillées en amande, du type que l’on aappelé plus tard Hache de Saint-Acheul, mais elles ressemblaient fortpeu aux belles haches polies que l’on connaissait, et il ne rencontra quede l’incrédulité ; même les savants de l’Institut et son ami Brongniart,auxquels il était allé soumettre sa découverte, se refusèrent à voir dansces objets aucun travail humain.

Pourtant Boucher de Perthes ne se découragea pas ; continuant sesrecherches, recueillant et faisant recueillir tous les silex taillés, il arrivaà former une galerie remarquable, qu’il enrichit encore par de nombreuxvoyages ; il constata ainsi que la hache taillée en amande se trouve enAsie, en Afrique, aussi bien que dans toute l’Europe et en France . En184(1, il publiait le premier volume des Antiquités celtiques et antédilu-viennes, ouvrage de grande valeur, illustré de nombreuses figures, quirésumait toutes ses découvertes et en tirait les conclusions avec unerigueur toute scientifique.

Mais rien n’est plus difficile à renverser qu’une théorie scientifiqueétablie, lorsqu'elle est défendue par des hommes réputés qui y croientleur honneur engagé, et lorsqu’elle paraît liée à des dogmes religieuxet moraux. Des objections de tout ordre s’élevèrent contre Boucher dePerthes : on avait prétendu tout d’abord que ces silex étaient des éclatsde pierre quelconques et que les facettes qu’ils présentaient provenaientde causes fortuites, telles que l'usure, le frottement, dus au transport pai-res eaux. Mais comme des pièces nouvelles avaient été présentées, oùl’action humaine ne pouvait être méconnue, on contestait le caractèrediluvien des couches où elles avaient été trouvées; puis cette objectionayant encore été réfutée, on prétendit que les silex avaient pénétré dansces couches par des fissures, à la suite d’infiltrations d’eau. Enfin à boutd'arguments, on en était réduit à soutenir que les documents les plusprobants n’avaient pas été recueillis par Boucher de Perthes lui-même,mais par des ouvriers, qui les avaient sans doute taillés eux-mêmes, sur-prenant ainsi la bonne foi du savant.

Sur un tel ton, la discussion ne pouvait guère avoir d’issue, d’au-