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appréciation, et ne paraît plus considérer le Dryopithecus cpie commeun Anthropoïde occupant la base de l’échelle de cette famille, dont lesreprésentants se classeraient comme suit :
Chimpanzé
Orang, — Gibbon, — PliopithèqaeGorille
Dryopithèque.
Examinant la nouvelle mâchoire, Gaudry admet cpie non seule-ment « cette dernière est très éloignée de la mâchoire humaine, maisencore qu’elle a des caractères moins élevés que celle de quelques-unsdes Singes actuels. Chez le Dryopithecus, l’intervalle entre les mandi-bules était aussi resserré que chez le Gorille , par conséquent, la langueétait aussi étroite; les os du menton étaient plus épaissis, leur paroi pos-térieure restait sur un plan élevé jusqu’à l’aplomb des arrière-molaires, desorte que la langue avait encore moins de place en avant. Ainsi, certaine-ment, ce n’est pas le Singe du Miocène de la France qui pourra jeter dela lumière sur la grande question de l’origine du langage; il n'établitpas un intermédiaire entre l’Homme qui parle et les bêtes qui crient ».
Le travail de M. Gaudry dénote beaucoup de soin et de savoir;pourtant il nous semble que le savant paléontologue a négligé un faitqui a une grande importance, et qui surtout modifie les dernières con-sidérations que nous venons de rapporter. La seconde mâchoire deDryopithecus paraît avoir subi une déformation posthume. A la suitede son enfouissement, elle aurait été déprimée par le poids des terres,ce qui l’a sensiblement aplatie et allongée. S’il en est ainsi, on ne peuttirer aucune conséquence de ce rétrécissement et de cet allongement.
E. Harlé, séance du 16 mai 1898 de la Société géologique deFrance , a produit une demi-mâchoire inférieure de Dryopithecus Fon-tani, provenant également de Saint-Gaudens . Elle présente un espacevide entre la canine et les prémolaires. Par suite de minutieuses compa-raisons avec des mâchoires d’Homme, de Chimpanzé, de Gorille ,d’Orang, Harlé estime que la demi-mandibule de Saint-Gaudens se rap-proche surtout de celle du Gorille . 11 aurait donc une tendance à consi-dérer le Dryopithecus Fontani comme la forme ancestrale de l'Anthro-poïde africain.
Ce qui est fort important, c’est la constatation de trois Anthro-poïdes différents, découverts à peu près au même niveau géologique, leMiocène inférieur, avant toute découverte de Singes ordinaires » '.