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La Suisse préhistorique : le Paléolithique et le Néolithique / A. Schenk ; préface de F.-A. Forel
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I.'HRE TERTIAIRE

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Dans limpossibilité nous sommes, si lon considère les « éoli-thes tertiaires » comme intentionnellement taillés, de supposer à les-pèce humaine une ancienneté aussi incalculable, une immobilité aussicomplète à travers les siècles, au milieu des changements universels,Gabriel de Mortillet 1 et Abel Hovelacque 2 ont attribué les silex tailléstertiaires à un être doué déjà dune certaine intelligence, ancêtre à la foisdes Hommes et des Singes anthropomorphes, auquel ils ont donné lenom de Précurseur de lHomme ou Homosimius.

Cette théorie avait déjà été proclamée en 1864 par Cari Vogt, quiattribuait les silex trouvés par Boucher de Perthes à des Singes duneintelligence supérieure aux Singes actuels ; cinq ans plus tard, auCongrès de Copenhague, il prononçait les paroles suivantes: « Il résultede cet exposé, non pas que lHomme descende du Singe, mais quilsdescendraient l'un et lautre dun ancêtre commun, qui nétait ni unSinge, ni un Homme, mais une espèce danimal qui sapprochait beau-coup des microcéphales de nos jours » 3 .

Telle était aussi l'opinion de Frédéric Muller, qui professait lexis-tence dun être, d' les Hommes seraient sortis par un développementprogressif et les Singes, ou du moins les Anthropoïdes, par un dévelop-pement régressif. Pour appuyer sa thèse du Précurseur de lHomme,G. de Mortillet se basait sur le fait que les animaux tertiaires varientdune assise à lautre et que la faune se renouvelle avec les différentsterrains, et ces variations partielles, successives, sont dautant plusrapides que les animaux ont une organisation plus complexe.

Ainsi, les Mammifères, animaux bien plus compliqués que lesMollusques , se modifient bien plus rapidement que ces derniers.LHomme seul ne saurait être maintenu en dehors de cette loi générale,ni rester invariable, alors que tout change autour de lui. Cest en dehorsde lHumanité actuelle qu'il faut chercher les ancêtres de lHomme; etces ancêtres, G. de Mortillet et Abel Hovelacque ont cru les voir dansles tailleurs de silex de Thenay, de Puy-Courny, etc., qui nétaient pasencore des Hommes, mais dont les descendants devaient, par voiedévolution naturelle et progressive, devenir nos semblables 4 .

Tel était létat de la question, lorsquen 1892 se produisit une décou-verte dune haute importance. Le docteur Dubois, médecin militaire hol-

1 G. de Mortillet. Le Préhistorique. Paris , 1885 et 1900, p. 114-115.

- Abel Hovelacque. Notre ancêtre. Paris , 1878.

:t Compte-rendu, p. 246.

\ Voir pour la discussion de cette question louvrage de Nadaillac : « Les premiers hom-mes ». Vol. II, p. 445-4.50.