302
LA SUISSE PRÉHISTORIQUE
par les poétiques offrandes d’épis de farine, d’huile et de vin. C'est l’au-rore de l’humanité.
Les premiers renseignements de l’histoire nous montrent trois ouquatre mille ans avant notre ère de grands pays : la Chaldée, l’Egypte ,la Chine , déjà florissants par l'agriculture.
Mais les gains amenés par la culture furent lents et difficiles. Leurextension à d’autres peuples, par contre, dut frapper l’imagination. Leprodige consistant à faire pousser le Blé et la Vigne là où ne croissaientque des herbes et des ronces apparut probablement comme une mani-festation miraculeuse et divine.
La reconnaissance des populations se traduisit par des cultes àCérès, à Triptolème , Minerve, Bacchus, Osiris, Noë, et par les traditionsqui se sont perpétuées jusqu’à nos jours. Telles, par exemple, pour cequi concerne notre pays la fête des moissons, le ressat, et la fête desvignerons.
La géographie botanique a permis de déterminer les régions quiont créé ou conquis nos principales plantes cultivées et d’où elles sesont propagées sur les continents.
On distingue trois centres principaux de culture, correspondant àdes conditions différentes de climat. L’un, le plus important probable-ment, a propagé l’Orge , le Froment, la Vigne, le Lin. Le second, quicomprend la Chine , l’Inde et l’Indo-Chine , fournit le Riz , le Thé, laCanne à sucre, le Mûrier, le Coton . Le troisième centre, constitué parl’Amérique intertropicale, a donné le Maïs, la Pomme de terre, lesHaricots, le Tabac, etc. Les autres régions, le nord de l’Asie , l’Europe ,l'Amérique du Sud , les Etats-Unis et l'Australie ont très peu fourni.
Les premières peuplades qui adoptèrent la culture agricole nepurent ainsi disposer que d’un petit nombre d’espèces empruntées,après beaucoup d’essais et de tâtonnements, à la Flore régionale ouavoisinante. A cette période de découverte des plantes propres à êtrecultivées dans chaque contrée a succédé une période non moins impor-tante, celle de leur propagation dans d’autres régions moins favoriséeset de la mise en utilisation commune, par de fructueux échanges, dutrésor général des cultures dispersées çà et là.
La recherche des plantes nouvelles était la préoccupation desanciens peuples. Le trésor végétal s’augmenta ainsi peu à peu avec lesprogrès de la civilisation. Pour satisfaire les besoins impérieux de lafaim, on s'adressa tout d’abord aux plantes alimentaires, puis aux planteséconomiques et officinales. Les plantes industrielles suivirent de près.