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LA SUISSE PRÉHISTORIQUE
murée sur une longueur d’un mètre vingt centimètres et une largeur desoixante centimètres ; les restes d’un enfant y gisaient accompagnésd'un collier de Taret (Teredo mediterranea L.), d’une griffe de carnassieret d’armes en silex taillé. On a retrouvé sur d'autres points les restesde trois nouveau-nés, dont deux ensevelis avec leur mère; dans unetombe, en particulier, la position du corps, très bien conservée, mon-trait une mère tenant son enfant sur le bras droit, tandis que le brasgauche était ramené sur lui.
La proportion des corps d’enfants est du reste considérable, survingt-quatre squelettes, on en a retrouvé dix d’enfants, dont trois nou-veau-nés et trois au-dessous de six mois. Le soin avec lequel toutes cessépultures, même celles des nouveau-nés, ont été faites, nous prouve,sans aucun doute, que l’Homme néolithique du Schweizersbild avait desmœurs douces et une véritable piété de ses morts » '.
Les squelettes néolithiques comprennent quatorze adultes et dixenfants; sept d’entre eux portaient des ornements en coquilles deTaret.
Ces ossements humains semblent démontrer à l’Age de la pierrepolie l’existence de plusieurs races, dans les environs du Schweizersbild.Les crânes présentent tantôt le type mésaticéphale, tantôt le type doli-chocéphale ; la face a tantôt une forme raccourcie et élargie avec un nezpeu saillant (type chamœprosope) tantôt une forme étroite et allongéeavec un nez saillant (type teptoprosope).
Nous aurions ainsi, d’un côté, une race mésaticéphale et chamæ-prosope, de l’autre, une race dolichocéphale et leptoprosope ; certainsindividus cependant semblent déjà indiquer l’existence de croisementsentre ces deux types extrêmes. Une autre distinction est celle que M. Koll-mann a établie d’après la taille. En effet, parmi les squelettes adultes duSchweizersbild, neuf ont une taille normale, cinq une taille inférieure àun mètre cinquante centimètres, et paraissent être des Pygmées ; ils sedistinguent particulièrement par la finesse des os des membres, ce quisemble prouver que l'on a bien affaire à une race de Pygmées, et nonà des individus de la grande race restés petits par dégénérescence. Maismalheureusement le nombre des cas où les caractères crâniens ont puêtre relevés n’est pas assez considérable pour permettre de dire s’ilexiste des différences anthropologiques bien nettes entre les représen-tants de hautes tailles et les Pygmées.