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La Suisse préhistorique : le Paléolithique et le Néolithique / A. Schenk ; préface de F.-A. Forel
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LA SUISSE PRÉHISTORIQUE

dans leurs connexions anatomiques, les vertèbres étant encore articuléesles unes aux autres, les têtes darticulation des fémurs ayant souventconservé leur position à lintérieur des cavités cotyloïdes des os iliaques,lolécrâne étant encore quelquefois situé à lintérieur de la cavité olécra-nienne de lhumérus, les rotules et les os du carpe, du métacarpe, dutarse et du métatarse ayant conservé leur situation normale, nous som-mes obligés dadmettre que les cadavres ont été inhumés directement àlintérieur des sépultures, et, probablement, sans avoir été préalablementdécharnés.

Quant aux morceaux docre jaune et docre rouge rencontrés àlintérieur des sépultures, ainsi que les traces de coloration reconnuessur quelques parties des squelettes, ils démontrent dune manière cer-taine que ces substances devaient servir de fard aux populations delAge de la pierre polie h

A Sgurgola, en Italie , lon a trouvé deux tombes appartenant àlépoque de transition de lAge de la pierre polie à lAge du bronze , épo-que désignée sous le nom de énèolithique parce que les outils en silexsont mélangés à des instruments de cuivre, mais presque jamais à desobjets de bronze. Ces sépultures découvertes sur les pentes des montsLépine dont un versant descend dans la vallée de Sacco, près du bourgdu Sgurgola , et sur les pentes des monts Sabins, près de Mandèla ouCantalupe. Ces sépultures découvertes par hasard ont été étudiées parMM. Michel et Rossi et par le professeur Colini de Rome . Elles appar-tiennent au type des tombes construites dans les grottes artificielles etse trouvent actuellement au Musée dArchéologie préhistorique deRome. Le squelette de Sgurgola est recouvert dune éclatante colorationde cinabre, indiquant que la coutume de peindre les corps existait aussià lépoque néolithique dans cette région de lItalie . « Cet usage est inti-mement lié à la cérémonie qui consistait à enlever les chairs du cada-vre, coutume qui nous est révélée avec évidence par les cavernes tom-bales de la Sicile orientale. Un des squelettes de Cantalupo se trouvedans une position un peu repliée. Cette position accroupie, générale-ment sur le côté gauche, et qui est le signe caractéristique de lenseve-lissement aux temps néolithiques, non seulement en Italie , mais dansplusieurs parties de lEurope, la Russie inclusivement, et même en Asie et en Afrique , commence déjà à tomber en désuétude à lépoque néo-lithique du Latium , et on lui substitue, en une certaine mesure la posi-

1 Ces coutumes expliqueraient la présence de locre rouge et de locre jaune dans cer-taines stations lacustre de lAge de la pierre polie, celle de Chevroux en particulier.