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LA SUISSE PREHISTORIQUE
séparation que la distance consacrera plus tard. 11 est fort possible quela notion de kemtom s’étant formée sur un point quelconque du terri-toire aryen, elle ne soit pas arrivée à la limite extrême sans avoir subidéjà quelqu’altération. On a peut-être tort de s'imaginer qu'en se sépa-rant de ses congénères, chaque groupe aryen ait emporté encore intactle patrimoine linguistique primitif.
Touchant les variations des dialectes et plus tard des langues déri-vées d’une même souche, il faut ajouter une considération (pic fait valoirHirt (die Heimat der Indogermanen). Certaines transformations phoné-tiques, telles que le changement de la gutturale en sifflante, ou mêmeen labiale (tcsvts --quinque) peuvent provenir du fait que la languearyenne a été superposée à une autre langue. Le peuple qui a appris,par suite de circonstances impossibles à déterminer, cette nouvelle lan-gue étrangère, en a transformé certains sons à sa convenance ; il pro-nonçait différemment. Dans ce cas, une concordance phonétique commecelle de çatam établie d’après la méthode rigoureuse de la linguistiquecomparée, bien qu’elle prouve à l’évidence que ce terme n’est pas unemprunt fait à une autre famille de langues, ne prouve cependant rienpour la parenté des peuples qui s’en servent. Elle nous donne le droitde parler d’une parenté linguistique sans que nous puissions étendrecette parenté aux peuples mêmes.
11 est vrai que P. Krctschmer 1 cherche à réfuter (chapitre IV,p. 120 et suiv.) l’hypothèse sus-mentionnée de Hirt. Je dois avouer quel’argumentation de M. Kretsclnner ne me convainc pas et (pie l’hypo-thèse de M. Hirt garde, à mes yeux, tout ce qu’elle peut avoir de sédui-sant. de ne vois pas, du reste, en quoi elle serait plus hardie que cetteaffirmation de M. Krctschmer qui veut attribuer à des influences celti-ques la tranformation de l’accentuation germanique. S’il est une chosequi ne se transmet pas, c’est bien l’accent, et je ne vois pas commentun peuple emprunterait à ses voisins son accent, qui est la vie propre dulangage, s’il ne veut pas en même temps lui emprunter et les mots et lagrammaire. Bien au contraire, ce qu’un peuple garde, alors même qu’ilabandonne tout le reste, c’est justement son accentuation, Yaccent.
Grâce aux efforts continus des linguistes, des lois phonétiquesimportantes ont été trouvées qui permettent de reconnaître un mot sousses différentes formes dans les langues indo-europôemles et d’en fixerquelquefois l’âge, la provenance. On est ainsi arrivé à déterminer lessons dont l’alphabet primitif devait se composer. Un linguiste allemand ,Fick, a composé le dictionnaire de la langue aryenne, un autre, A. Sclilei-
1 P. Krctschmer. Iïinleitung in die Geschichte der Grlechlschen Sprache, Gdltigeii, I89(i.