LA SUISSE PRÉHISTORIQUE
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mon avis, le miroir le plus fidèle de l’âme du peuple. Tandis que lesaltérations phonétiques peuvent avoir des causes physiologiques, lagrammaire est indépendante des organes du langage. Par elle se révèlele tour d’esprit particulier à celui qui parle. Or, il n’y a pas, dans lesdialectes aryens, des différences fondamentales au point de vue de lastructure. Si, dans le développement ultérieur des langues, nous sommesquelquefois frappés de l’aspect étrange des tournures, c'est que ce déve-loppement s’est porté sur un point spécial; nous n’avons qu’à remonterle cours pour nous retrouver à un point de départ commun. Ainsi, laphraséologie du sanscrit classique nous transporte d’abord dans unmonde nouveau. Nous ne tardons pas à nous apercevoir que c'est l’effetd’une abstraction poussée à l’excès et que nous constatons ce mêmeamour de l’abstraction dans l’allemand moderne. Les langues slavesnous surprennent par l’emploi du génitif pour marquer le régime directdans la proposition négative. Ce phénomène nous ferait penser auxlangues sémitiques. Mais il n’y a aucune analogie avec un fait gram-matical des langues sémitiques. Le génitif slave est, dans ce cas, lecomplément naturel de la négation prise substantivement. Ainsi par-tout, les divergences apparentes s'expliquent très naturellement et l'airde famille apparaît toujours. Nous pourrions ajouter, pour montrer ceque l’on peut titrer de l’aspect général des langues, que la fréquence desformes génitives du russe, par exemple, rapproche cette langue du sans-crit qui attribue aussi au génitif un rôle plus important. On peut pré-voir que dans la décomposition des langues slaves le génitif aura l'im-portance qui revient à l’accusatif latin dans la formation des languesromanes L
Tout cela suppose bien une même pensée, un même esprit. Cetesprit, comme le prouve l’évolution historique des peuples, s’accom-mode aussi bien d’une boîte crânienne arrondie que d’un crâne doli-chocéphale. Ces détails anthropologiques ne noiis révèlent rien du toutsur la capacité intellectuelle des propriétaires des divers crânes. Aussi cen’est pas en mesurant les crânes que nous serons renseignés sur lanature ethnique de l’Etrusque, par exemple. Le crâne étrusque estrond. On serait donc tenté, en se basant sur cet indice, de ranger lesEtrusques parmi les brachycéphales celtiques. Les monuments archéolo-
{ Qu’il nous soit permis de faire, à ce sujet, un rapprochement entre la constructionsanscrite comme on la trouve dans une phrase telle que : tvayâ bhavyam apramatena, tu serassoigneux, et l’instrumental russe comme attribut du verbe être, p. ex. dans buitj generalom.L’analogie est frappante, bien que le raisonnement grammatical parle de points de vue différents. J’y vois une affinité linguistique. On peut comparer encore une citation sanscrite dansAvische Urzeit de M. Hrunnhofer, p. X, âtmanâpi mûthena bhavitavyam.