LA QUESTION ARYENNE
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giques et les vestiges linguistiques, par contre, nous défendent de com-prendrent les Etrusques dans le groupe aryen. Donc, il n’y a pas designe anthropologique — pour autant qu’on en est réduit aux fouilles— qui permettent de déterminer le caractère aryen d’un type préhisto-rique. On peut conclure par la négative, en excluant du groupe aryencertaines conformations, forme du crâne négroïde, prognathisme pro-noncé, taille au-dessous de la normale, etc. Mais on sera loin d’avoirdéfini nettement ce que doit être le type aryen. Aussi l’anthropologien’a-t-elle jamais sérieusement essayé d'en établir un. Cela revient à direque, au point de vue anthropologique, le type aryen n’existe pas. 11existe cependant, dès que nous sommes en mesure de compléter l’imagepar des traits plus saillants, la couleur et la nature des cheveux, la car-nation, la coloration des yeux, et surtout, si nous pouvons restituer leslignes de la figure. 11 y a là quelque chose que nous avons de la peineà détailler et qui fait pourtant que nous distinguons un type à premièrevue. Ainsi il n’est guère possible de confondre le type sémitique avecun représentant de la famille indo-européenne. Il serait quelquefois dif-ficile de dire, en quoi consiste la différence que nous affirmons perce-voir. Nous emprunterons pour cela un terme au langage du botaniste,en parlant d’un certain habitus.
Mais au sein même du groupe aryen ou indo-européen nous cons-tatons une variété assez grande de types pour qu’il ne nous soit pas pos-sible de distinguer le type modèle, celui à qui reviendraient d’une façonspéciale les caractères exclusifs d’une race dite aryenne. Si nous dépouil-lons les types cités plus haut de ce qui constitue, à nos yeux, des diffé-rences essentielles, il ne reste plus, dans leur squelette, de quoi établirune différence de race. On voit que pour l’anthropologie préhistoriquele problème des races n’est pas résolu non plus, et si, au début, dédai-gnant les secours de la linguistique, elle a cru pouvoir ou écarter toutbonnement la question aryenne de toute recherche scientifique ou larésoudre à sa façon, elle s’est vue forcée de confesser que le résultat necorrespondait pas à son attente. Comme la linguistique, l’anthropologieaussi est devenue plus modeste.
D'après l’anthropologie préhistorique, nous avons dans les pre-miers temps, en Europe, deux types principaux, abstraction faite desmétissés : le dolichocéphale blond, de haute taille, et le brachycéphalebrun, de taille moyenne. Lequel de ces deux types convient essentielle-ment au peuple primitif? Rien ne nous permet de trancher la question.On peut, si l’on y tient, revendiquer le premier type pour la variété ditegermanique de la famille indo-européenne, on n’a pas le droit de la