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Les drapeaux français : étude historique / par le comte L. de Bouillé
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En 1592, Conti et Montpensier , qui commandaientdes corps détachés de l’armée royale, lesquels furentdéfaits par les ligueurs, sous le duc de Mercœur àCraon , le 23 mai, avaient chacun cornette blanche;celle du prince de Conti était portée par d’Apchon ,qui fut fait prisonnier.

Les commandants en chef des diverses armées, fai-sant porter devant eux la cornette blanche, avaientaussi quelquefois eux-mêmes l’écharpe blanche en sau-toir par-dessus l'écharpe distinctive de leur parti. Onen voit une preuve dans ce que fit Brissac, gouver-neur de Paris pour la ligue, lors de l’entrée deHenri IV à Paris . Il détacha son écharpe blanche et laremit au roi, en signe matériel de sa soumission. Leroi, l’investissant d’un commandement nouveau, luidonna alors la sienne en échange, le maintint dansscs fonctions de gouverneur et le nomma maréchal.

Cette remise de l’écharpe à Brissac était repré-sentée dans un tableau ayant appartenu à Sully (gravépar Alex. Giboy; voirBibl. nat., coll. Hennin, t. XI,1594). Bans un dessin du temps ( ibid ., t. XII), re-présentant le siège d’Amiens en 1597, on voit der-rière le roi Henri IV un officier tenant la cornetteblanche, qui est un petit fanion carré au bout d’unetrès-longue pique.

En 1610, en tête de l’organisation de son arméede Châlons, Henri IV mentionne, comme troupe, lacornette blanche « formée des princes, seigneurs et« gentilshommes sans emploi, et se composant de« mille hommes. » Il n’était pas alloué de solde à cecorps; à partir du règne de Louis XIII , il ne fut plusréuni que dans de rares circonstances. Les al-