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Les drapeaux français : étude historique / par le comte L. de Bouillé
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des capitaines comme signe de reconnaissance ouuniforme des hommes fut remplacé par le port del’écharpe ou même de deux écharpes en sautoir,l’une pareille pour toute l’armée, l’autre variant decouleur suivant la compagnie (1).

Dans les guerres civiles du XVI e siècle les hoque-tons (manteaux courts) furent ainsi que les échar-pes aux couleurs des partis, comme auparavant ilsétaient aux couleurs des seigneurs ou des capitaines.En 1562 le prince de Condé, chef des protestants,fit porter à ses soldats écharpes et hoquetons blancs« pour marque d’une netteté de conscience au des-« sein par eux fait pour maintenir l’honneur de« Dieu et du public » (La Popelinière ) (2). A la con-férence de Thoury (1562), Catherine de Médicis voyant passer une troupe de protestants revêtus de lacasaque blanche, dit au prince de Condé : « Yos« gens sont meuniers, mon cousin ? » Elle reçut delui cette réponse : « C’est pour mieux toucher vos

(1) Le souvenir des écharpes do couleurs différentes par com-pagnies s’est conservé jusqu’à la fin du XVIII e siècle dans les ban-doulières violettes, vertes, aurore, rouges, jonquille, ou bleues doscompagnies de gens d’armes et do clievau-légers ; les Cent-Suisses avaient leurs bandoulières de peau blanche frangées de soie rouge,bleue et blanche, celles des gardes de la porte étaient à carreauxd’or et d’argent, celles des gardes du corps étaient à carreauxpour la première compagnie, de soie blanche et d’argent, pour les3 autres de soie verte, de soie bleue et de soie jaune et d’argent;on les a encore portées jusqu’en 1830. (Toutes cos bandoulièressont données dans l’Abrégé de la carte générale du militaire de 1741,II" part., p. 38,ct suivantes.)

(2) Le guidon ou cornette du prince de Condé était blatte avecl’image de Curtius se précipitant dans le gouffre, et la devise :« Doux le péril pour Christ et le pays. »