seur le chevalier Charette, officier de la marine royale,le premier homme de marque qui figura dans ces mou-vemens.
Plus de neuf cents communes s’étaient assembléesspontanément au son du tocsin dans toute la contrée ;et au même moment le marquis de Royrand , ancien of-ficier, forma dans les environs de Chautonnay, un troi-sième rassemblement. Il fut imité par d’autres hommesde cœur, tels que le marquis de Bonchamps, le comtede Lescure, d’Elbée, Laroche-Jacquelin, le garde-chasseStofflet , Joly, etc., qui, dans un grand nombre de ren-contres, battirent les troupes républicaines envoyéescontre eux.
Vers la fin du mois d’avril, avant que le gouverne-ment voulût croire à l’existence d’une insurrection sé-rieuse, la Vendée avait déjà trois corps d’armée de 10,000à 12,000 hommes chacun. Le premier de ces corps, ditarmée d’Anjou , composé des habitans des bords de laLoire, depuis Saumur jusqu’à Champtoceau, était sousles ordres du marquis de Bonchamps ; le second, appelégrande armée, commandée par d’Elbée, était recruté parla population du pays, entre le Thoué et le Maine , jus-qu’à la hauteur de Montaigu ; enfin le troisième, formépar les habitans de la côte, depuis Bourgneuf jusqu’auxSables, s’appelait armée des marais : Charette en était legénéral.
Un conseil supérieur fut créé pour l’administration etla direction des opérations militaires, présidé par unprêtre aventurier, qui prenait le titre d’évêque d’Agra(in partibus ); ce conseil cumula, avec l’autorité admi-nistrative et militaire, les pouvoirs civils et judiciaires.Son premier acte fut de soumettre tous les habitans dupays insurgé à une sorte de conscription. Un chef nom-mé par le peuple dans chaque paroisse fut chargé de la