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Étude sur la loi du 19 avril 1898 relative à la protection de l'enfance / par Georges Leloir
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de lusage d'un membre, de cécité, perte dun œil ou autres infir-mités permanentes, ou sils ont occasionné la mort sans intentionde la donner, la peine sera celle des travaux forcés à temps, et siles coupables sont les personnes désignées dans le paragraphe pré-cédent, celle des travaux forcés à perpétuité.

Si des sévices ont été habituellement pratiqués avec intentionde provoquer la mort, les auteurs seront punis comme coupablesdassassinat ou de tentative de ce crime. »

H. Cest à larticle 312 du Code pénal que la loi ajoutecomme dispositions additionnelles les cinq paragraphes quiforment son article 1 er . Cet article 312 est celui qui frappe depeines aggravées les enfants ou descendants coupables de vio-lences ou voies de fait commises sur leurs « père et mère légi-times, naturels ou adoptifs, ou autres ascendants légitimes ».Il y avait donc un rapprochement tout naturel à effectuer entrece cas et celui la réciproque est vraie, la cause daggrava-tion ressortant de ce fait que la victime est unie à lauteur desviolences par des liens de filiation. Ce rapprochement, les au-teurs de la proposition Engerand-Leydet navaient pas manquéde le faire dès 1891 ; il nest cependant pas fondé de tout point :en effet, dans le cas de larticle 312, la cause daggravationressort exclusivement de la parenté, et elle existe dune façonen quelque sorte absolue, quel que soit lâge des parents, quelque soit leur état physique; sagit-il au contraire des enfantsou descendants, cette qualité chez la victime ne sera pas né-cessairement à perpétuité une cause daggravation puisquellecessera dêtre prise en considération le jour lenfant auraatteint un certain âge ; chez les enfants, cest surtout létal defaiblesse quil échet de protéger, taudis que par rapport aux as-cendants, cest le devoir dhonneur et de respect méconnu quiappelle une sanction exceptionnellement grave. Protection estdue aux enfants, et ce dune façon particulière, même au regarddes personnes qui ne leur sont unies par aucun lien ; laggrava-tion qui résulte dun lien sattache non seulement à la parenté,mais aussi au rapport dautorité qui peut exister soit en droitsoit en fait entre lenfant et lauteur des violences.

Cest ce qui explique les tâtonnements divers qui ont précédé