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Étude sur la loi du 19 avril 1898 relative à la protection de l'enfance / par Georges Leloir
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phe additionnel ainsi conçu : « Lorsque celte exposition ou cedélaissement auront, à raison des circonstances qui laurontaccompagné ou suivi, entraîné la mort, le coupable sera punide la peine des travaux forcés à temps. »

La proposition Odilon-Barrot était insuffisante ; elle laissaitde côté, en effet, les conséquences intermédiaires telles quemaladie grave ou infirmité permanente. Son auteur cherchaitlui-même à combler cette lacune par une rédaction nouvelleproposée dans le sein de la commission. Mais la commissionnentendait pas sarrêter en chemin ; elle entreprit une révi-sion méthodique et complète des articles 349 à 353 du Codepénal.

21. Le moment est maintenant venu dentreprendre lexa-men des textes nouveaux :

Le Code pénal ne protégeait contre labandon que lenfantâgé de moins de sept ans accomplis. La commission de laChambre ne songea pas à innover sur ce point. Mais celle duSénat fut plus audacieuse : dune part, elle supprima toute li-mite dâge, laissant aux tribunaux le pouvoir dapprécier, sui-vant les circonstances, si tel enfant était ou non en état de seprotéger lui-même ; dautre part, à lenfant dont lâge appelleprotection elle crut devoir assimiler lincapable :

« Ce nest pas lâge, écrivait M. Bérenger dans son rapport,qui rend lacte à la fois criminel et dangereux, cest limpossi-bilité se trouve la victime de sy soustraire, et cest bienplutôt une question de développement physique et intellectuelquil convient de laisser, à raison de la diversité évidente descas, à lappréciation des juges. » Le rapporteur continuait eninvoquant à titre dexemple les dispositions des lois suédoise,allemande, espagnole, autrichienne et hongroise, dont la so-lution est conforme à celle qu'il proposait, et aussi les disposi-tions des lois italienne et anglaise, qui ont élevé lâge de pro-tection, lune jusquà 12 et lautre jusquà 14 ans. » « Il nousa paru, disait-il en terminant, quil convenait détendre laprotection de la loi, à lexemple de lItalie, à lincapable, idiot,infirme, aliéné, non moins hors détat de se protéger lui-mêmeque lenfant. » Cette double innovation fut assez vivement cri-