226
48 établis avec leur outillage, 4 tours à pédale, 1 scie à ruban, 5 tours mus parune machine de 8 chevaux. La salle des travaux céramiques a comme annexe,un moufle qui permet de cuire les couleurs. L’école est éclairée à la lumière élec-trique par une lampe à arc et 200 lampes à incandescence.
Il existe à Armentières ainsi qu’à Voiron (Isère) des écoles semblables fondéesdepuis deux ou trois ans. Ces deux écoles ont surtout pour but la filature et letissage; néanmoins on y a joint des ateliers pour le travail du bois et du fer.
Ecoles d’apprentissage de la ville de Paris. Parmi les écoles qu’on peut appelerécoles d’apprentissage, je signalerai l’école Turgot fondée en 1889 ; l’école Colbertfondée en 1868; l’école Lavoisier créée en 1872; l’école Arago créée en 1880;l’école des apprentis de la Yillette, celle de la rue Tournofort.
L’école des apprentis de la VMette créée en 1873, a pour but de ménagerla transition entre l’école et l’atelier. Elle se propose de former des ouvriershabiles dans l’ensemble de leur état. Le programme comprend toutes les matièresobligatoires de l’enseignement primaire sur lesquelles il est toujours bon aux élèvesde revenir, et un certain nombre de matières facultatives: éléments de chimie, dephysique et de mécanique industrielle. On y joint l’enseignement technologique,soit étude des matières premières, outils, procédés et produits, et l’enseignementtechnique (travail du bois et du fer). Non seulement, l’enseignement est gratuit,mais les élèves reçoivent chaque quinzaine une prime variant de fr. 1. 50 à 5 fr.La durée de l’apprentissage est de 3 ans. La journée de travail comprend : pourles élèves de 1" et 2* années, 6 heures d’atelier et 5 heures de classe ; pour ceuxde 3* année, 8 heures d’atelier et 3 heures de classe. La première année, l’élèvepasse un ou deux mois dans chacune des spécialités enseignées, afin de le mettreà même de discerner celle qui lui convient et de permettre à la direction d’étudierses aptitudes. Au commencement de la seconde année, l’élève d’entente avec sesparents et ses maîtres, se prononce pour le métier qu’il préfère, et y travaille dèslors exclusivement pendant deux ans. Le premier résultat obtenu par ce systèmed’enseignement est la bonne tenue des élèves produite par l’alternance des travauxintellectuels et physiques ainsi que l’acroissement de leurs forces musculaires. Jedois noter aussi la suppression de tout jargon d’atelier.
L’école spéciale de la rue Tournefoi-t prend déjà l’enfant à 7 ans ; il par-court alors méthodiquement les divers exercices qui composent la synthèse dutravail manuel, et ne se spécialise que de onze et treize ans. Ainsi l’enfant n’estpas jeté sans préparation dans l'atmosphère de l’atelier où il oublie ce qu’il aappris et n’apprend autre chose qu’à faire des commissions et le ménage del’atelier.
J’ai visité cette école, ainsi que la précédente, et je ne sais ce qu’il fautle plus y admirer, de l’harmonie des programmes ou de la magnificence des instal-lations. L’exposition de ces écoles occupaient de vastes places dans les Pavillons