46
ABRÉGÉ d’histoire GÉNÉRALE
A Rome, les patriciens avaient tous les droits et pos-sédaient les grandes fortunes ; les plébéiens étaientexclus des emplois et des charges ; la plupart d’entreeux étaient pauvres. En outre, les patriciens avaientpris pour eux les terres publiques, c’est-à-dire les terresappartenant à l’Etat ; ils en tiraient de gros revenus.Les plébéiens devaient s’équiper à leurs propres fraispour la guerre et emprunter en outre de l’argent pourfaire vivre leurs familles. Ils s’endettaient et, commeles lois étaient impitoyables pour les débiteurs, leurscréanciers les faisaient saisir, maltraiter, jeter en prison.
Poussés à bout, les plébéiens quittèrent Rome et seretirèrent sur le Mont Sacré pour y fonder une nouvelleville. Le Sénat leur envoya le patricien Ménénius Agrippa,qui leur raconta la fable des membres et de l’estomac. Lesplébéiens consentirent à rentrer dans la cité, mais à con-dition que les dettes fussent abolies et que l'on créâtune magistrature nouvelle, le tribunat.
Les tribuns étaient les défenseurs du peuple. Ils étaientsacro-saints, c’est-à-dire inviolables. Ils avaient le droitde veto, c’est-à-dire qu’ils pouvaient s’opposer à toutedécision du Sénat ou d’un magistrat. En outre, ils avaientle droit de protéger les plébéiens contre toute violence.Ils pouvaient aussi réunir la plèbe en assemblée quandils le jugeaient nécessaire.
§ 61. L’égalité civile. —• Une fois pourvus de tribuns,les plébéiens luttèrent sans relâche afin de conquérirl’égalité. Cette lutte tenace et persévérante dura unsiècle et demi : elle fit plusieurs victimes. Mais la plèbene se découragea jamais. Elle arracha aux patriciens,les unes après les autres, les concessions qu’ils refusaient.
Tout d’abord, les plébéiens réclamèrent l’égalité civile..Elle n’existait pas à Rome. On n’y avait pas de lois écri-tes ; les patriciens seuls connaissaient le droit, et seulsils jugeaient les procès. Leurs sentences étaient parfoisinjustes. Les plébéiens demandèrent la justice pour tous,