l’attique 6'i
Les Messéniens battus se retirèrent sur le mont Ira.Les Spartiates, afin de les réduire par la famine, chan-gèrent la Messénieen désert. Ira cependant ne succombaque par la trahison. Les Spartiates pénétrèrent dans laplace au milieu d’une nuit d’orage. Alors Aristomèneleur fit signe qu’il voulait se retirer avec les siens : onn’osa pas pousser au désespoir cette poignée d’hommeshéroïques. Au milieu des guerriers, Aristomène plaça lesvieillards, les femmes, les enfants, et sortit ainsi d’Ira.
La Messénie lut subjuguée. Mais elle ne pardonna jamais h ses op-presseurs et tous les adversaires de Sparte trouvèrent ce pays prêt àse soulever contre son éternelle ennemie. Beaucoup de Messéniens serendirent en Sicile et donnèrent leur nom à la ville de Messine.
45. L’Attique. — Population ionienne. — L’Attiqueforme une petite presqu’île qui s’avance dans la merEgée ; elle est flanquée à droite par la longue île d’Eu-bée, à gauche par les îles de Salamine et d’Egine. Cettecontréeestl’une des plus célèbres dans l’histoire de l’hu-manité. Son sol pierreux est généralement peu fertile ;il produit cependant la vigne et l’olivier. Mais la princi-pale richesse du pays, c’étaient les abeilles du mont Hy-mette, les carrières de marbres du Pentélique et quel-ques mines d’argent. Presque entièrement enveloppéepar la mer, ayant en face plusieurs îles et possédant debons ports, l’Attique était admirablement située pour lecommerce. Sa position entre l’Hellade, le Péloponèse,les îles etles colonies del’Asie Mineure, en faisait le cen-tre naturel de la nation grecque. Aussi l’Attique fut l’a-sile de toutes les tribus grecques, refoulées ou oppri-mées (Pélages, Achéens, Ioniens, Eoliens). Sa popula-tion, quoique en majeure partie ionienne , avait dans sesveines le sang des diverses familles helléniques. LesAthéniens furent donc les Grecs par excellence, et ils