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Histoire Ancienne.
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HISTOIRE GRECQUE

de mes jours aux dépens de la république pour avoirtravaillé sans relâche à rendre mes concitoyens ver-tueux. » Tant de fierté blessa le tribunal. La peine demort fut votée à une grande majorité. Vainement quel-ques-uns de ses disciples, parmi lesquels le riche Criton,lui offrirentles moyens de s’enfuir. Il refusa de se sous-traire à une condamnation légale. Il demeura encorequelque temps en prison et il le passa à s’entretenir avecses amis de l’immortalité de l’âme et de la vie future. En-lin le dernier jour arriva. Comme le soleil'se couchait,on lui apporta la ciguë (poison par lequel les Athéniensfaisaient mourir les condamnés à mort); il la butferme et serein, au milieu de ses amis éplorés.

Socrate ne se donnait pas pour un savant, mais pour un hommeon quête de la vérité, un chercheur, comme il (lisait. 11 teignait d'a-bord d’avoir grande confiance dans le savoir de son interlocutour etde vouloir s'instruire auprès de lui. Par quelques questions simples,ingénues même, il l’obligeait d’admettre certaines vérités rudimen-taires, puis, toujours en conversant, il lui faisait tirer des conséquen-ces imprévues et le conduisait insensiblement à des notions nouvelles,dont son adversaire ne s’était jamais douté. Cette méthode qui con-siste, par une conversation habilement dirigée, à conduire l’inter-locuteur d'une vérité à une autre, est demeurée célèbre sous le nomde méthode socratique. Pour reconnaître la vérité, Socrate invoquaitl’autorité de ce qu’il appelait son démon. Ce démon ou génie familiern’était autre que la voix de sa conscience ou de sa raison, qui dans lescas difficiles intervenait pour le diriger. I)u reste Socrate avait luau fronton du temple de Delphes ces mots : Connu in-toi loi-même.Cette maxime fut la base de sa doctrine. Kn étudiant sa propre âme,il parvint à découvrir quelques-unes des grandes vérités que le Créa-teur y a mises, en particulier l’existence d’un Dieu unique.

Socrate n’a laissé aucun écrit, mais ses deux plus illustres disciples,le philosophe Platon et le. général Xénophon, ont retracé les doctrineset le caractère de leur maître, le premier dans des dialogues, le se-cond dans des mémoires.