LES DECEMVIRS
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S-puriuss Cassius. — Un patricien illustre,qui avaitété trois fois consul, prit en main les intérêts de laplèbe et proposa le premier la fameuse loi agraire.Il n’entendait nullement par là réclamer le partagede toutes les propriétés entre tous les citoyens ; ilvoulait seulement que les terres conquises sur l’en-nemi et devenues domaine de l’Etat, mais que lespatriciens avaient usurpées, fussent restituées pareux et partagées entre les plébéiens pauvres. A l’ouïed'une pareille demande, les patriciens crièrent à laspoliation, comme si on eût voulu leur enlever leurspropriétés privées. Afin de faire tomber la proposi-tion, ils recoururent à un perfide stratagème: SpuriusCassius fut accusé d’aspirer à la tyrannie. Les tri-buns, jaloux de sa popularité, l’abandonnèrent et il futprécipité de la roche tarpeïenne (près du Capitole).
Les terres conquises, occupées par les patriciens, étaient considé-rées à l’origine comme appartenant à l’Etat, et même les détenteursdevaient payer à celui-ci une légère redevance en guise de fermage.Mais les patriciens n’avaient pas tardé à se regarder de fait commeles véritables propriétaires ; bientôt même ils cessèrent de payer laredevance, qui était comme le signe de la propriété de l'Etat; enfin,au bout d’un certain temps, ils ne distinguèrent même plus les ter-res qu’ils tenaient de l’Etat de celles qui étaient vraiment leur pro-priété privée. C’est ainsi que par ces usurpations du domaine publicles patriciens avaient fini par posséder d’immenses domaines.
88. Conquête de l’égalité civile et politique parles plébéiens. — Les dëcemrirs (450). — L’adminis-tration de la justice était exclusivement entre les mainsdes patriciens, qui seuls avaient la connaissance deslois. Celles-ci n’étant pas écrites et étant inconnues dupublic, les patriciens les interprétaient arbitrairement.Les plébéiens demandèrent qu’on fît de nouvelles loiset iju’on les publiât. Le sénat résista pendant dix an-nées, qui furent pleines de violences et de troubles. A