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Histoire Moderne.
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24. La Ligue. — Henri III (1574-1589). —• La paixde Monsieur. — Henri III, frère et successeur de Char-les IX, s’était hâté de quitter la Pologne, où il avait étéappelé au trône. Catholique fervent, il avait joué l’undes premiers rôles dans le drame sanglant de la Saint-Barthélemy. Aussi le parti ultramontain espérait-il avoirenfin trouvé dans le roi un digne chef. L’attente publi-que fut cruellement trompée. Henri III, entouré defavoris débauchés, qu’on appelait ses mignons, se li-vra à toutes les turpitudes et ne s’adonna qu’à des oc-cupations puériles et extravagantes. Aussi au bout dequelques mois il était devenu l’objet du mépris uni-versel.

Du reste la guerre civile avait recommencé. Henride Navarre, qui venait de s’échapper de la cour, étaitaussitôt retourné à la foi réformée. Les calvinistess’allièrent avec le duc d’Alençon, frère du roi, qui s’é-tait mis à la tête des politiques et des malcontents.Henri III ne déploya dans la lutte qu’incapacité et fai-blesse. Les protestants semblaient plus forts que ja-mais, et le roi leur accorda la paix de Monsieur (nomdonné au frère du roi), par laquelle ils obtinrent lelibre et public exercice de leur cul te par tout le royaume,à l’exception de Paris. La St-Barthélemy fut désa-vouée, les biens confisqués furent restitués aux veu-ves et aux enfants des victimes, et la mémoire decelles-ci fut réhabilitée. Knfin les calvinistes reçurentdes places de sûreté ; leurs chefs eurent des gouver-nements de provinces ; le duc d’Alençon en particu-lier obtint en apanage des domaines considérables(entre autres l’Anjou ; dès lors il s’appela duc d’Anjou).

Jamais les reformés n'avaient obtenu de pareilles conditions. Aussiun long cri de douleur et de colère s'éleva-t-il des profondeurs de lamasse catholique, qui voyait tant d'elforts, de luttes et de carnages,n'aboutir qu’au triomphe de l'hérésie. Ne pouvant plus rien espérer