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xvie SIÈCLE
de la royauté, le parti catholique ne devait compter que sur lui-même.Jusqu'ici il avait agi sous la direction de l'Htat et s'était couvert dumanteau de la légalité. Désormais, à l’imitation des protestants, ils’organisera et agira en dehors de l’Etat.
Formation de la Ligue (1570). — Une sourde agita-tion régnait dans toute la France. Tandis que les réfor-més, craignant quelque nouvel le perfidie de lacour, gar-daient leurs armes et leur organisation de guerre, les ca-tholiques de leur côté se concertaient et formaient desassociations pour le maintien de l’ancienne foi. Bientôtces associations se réunirent en une vaste confédérationnommée la Sainte Union ou la Sainte Ligue (ou sim-plement la Ligue). Le duc Henri de Guise (surnomméle Balafré depuis une blessure reçue à la joue dans ladernière guerre) était l’instigateur et l’âme de la Liguecatholique.
Du reste celle-ci, quoique basée sur les passions populaires, futexploitée par la noblesse. Les seigneurs catholiques comme les sei-gneurs huguenots aspiraient au rétablissement de la féodalité, et laLigue catholique avait un caractère aussi féodal que la fédérationprotestante. La France se trouvait ainsi partagée entre deux confé-dérations rivales, qui formaient pour ainsi dire deux Etats. Le roicrut être habile en se déclarant le chef de la Ligue, espérant s'enservir pour affaiblir les huguenots et se débarrasser d’elle ensuite,fl révoqua la paix de Monsieur et recommença la guerre. Mais malsoutenu par les catholiques qui se défiaient de lui, abandonné parles politiques qui voulaient la paix, il fut obligé d’accorder aux pro-testants, au bout de quelques mois, un nouvel édit de pacification.
La paix n’était qu'apparente ; les deux partis étaient continuelle-ment aux prises. Du reste la France tombait de plus en plus dansl’anarchie. A Paris la Ligue avait choisi seize de ses membres pouragir dans les seize quartiers de Paris. Ces Seize finirent par concen-trer en leurs mains tout le pouvoir municipal. Dans les provinces, lesseigneurs catholiques et protestants agissaient en souverains. Demême beaucoup de villes avaient repris leurs anciennes libertéscommunales. C’était comme un retour vers la féodalité.