XVI1« SIÈCLE
1 U
cette fermentation des esprits. Aussi donna-t-on àcette ébauche de révolution le nom d’un jeu d’enfant.On l’appela la Fronde, parce qu’un conseiller comparale parlement à des écoliers jouant à la fronde et quis’esquivaient dès qu’ils apercevaient la police.
Une foule de nobles mécontents accoururent à Paris, apportant à laFronde, avec leur valeur brillante, leur incurable légèreté et leurspetites passions. On remarquait parmi eux le grand Turenne, et lecardinal de Ilelz, personnage intrigant, plein d'ambition et de vanité,qui aspirait à jouer le rôle de Richelieu. Cette guerre fut ridicule.Les troupes parisiennes, qui revenaient toujours battues, étaient re-çues avec des huées et des éclats de rire. L’on fut bientôt de part etd’autre las de cette lutte sans résultat. Le parlement s’apercevait qu’ilétait la dupe des seigneurs. l)u reste, un événement terrible, la mortde Charles I" d'Angleterre, disposait tous les esprits à un accommode-ment. Anne d’Autriche, ayant alors accordé la diminution de quel-ques impôts, rentra à Paris.
[•ronde aristocratique .— Le prince de Condé, parcequ’il avait sauvé la cour, traitait la reine ainsi que Ma-zarin avec une incroyable arrogance. Plein de méprispour le parlement, il voulait former une nouvelleFronde, une Fronde tout aristocratique. Une foule deseigneurs applaudirent aux projets du prince, et pri-rent des airs moqueurs et présomptueux qui leurfirent donner le nom de petits-maîtres. La guerre ci-vile recommença bientôt. Condé se mit à la tête de lanoblesse révoltée. Mais la cour avait gagné à sa causeTurenne, qui prit le commandement des troupes roya-les et ne tarda pas à être partout victorieux. Condévaincu s’enfuit en Flandre chez les Espagnols.
Conséquences de la Fronde. — Une amnistie avait été promise. Fillefut violée et les frondeurs, anciens et nouveaux, furent rudementchâtiés ; Paris perdit ses privilèges municipaux ; il fut défendu auparlement de se mêler des affaires d’Ktat. Pendant toute sa vie,Louis XIV poursuivit avec acharnement les souvenirs de la Fronde etil suffisait d’avoir pris une légère part aux troubles pour encourir sadisgrâce. — Ainsi se termina la Fronde, celte dernière convulsion de