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XVIIO SIÈCLE
profiter des blessures que Louis XIV se faisait à lui-même. Legrandroi en effet promulguait la révocation de l’édit de Nantes.
Révocation de l’édit de Nantes (K.85). — Depuis Ri-chelieu, les protestants ne formaient plus un parti po-litique et ne se distinguaient que par leur soumissionet le zèle avec lequel ils travaillaient à la prospérité età la gloire de la nation. Aussi Colbert les protégeait-il,parce qu’il trouvait parmi eux d’actifs industriels,d’habiles marins et ingénieurs et des administrateursintègres. Mais Louis XIV ne supportait qu’impatiem-ment l’existence de cette secte, qui rompait l’unité re-ligieuse de la nation. Il essaya d’abord de gagner lesdissidents par la douceur et la persuasion : caresses,faveur, argent, rien ne fut épargné pour acheter lesconsciences; prêtres et magistrats, évêques et gou-verneurs rivalisèrent de zèle à cet égard.
Ces moyens de séduction paraissant trop lents, onne tarda pas à user de la violence. Le roi et les évê-ques tenaient à effacer l’apparence de protestantismeque leur avait donnée la déclaration de 1682 et à prou-ver leur catholicisme par leur haine de l’hérésie. Onpersécuta les protestants de mille manières : ils furentchargés d’impôts, dépouillés de leurs droits, exclusdes fonctions publiques ; leurs temples furent démolis,leurs pasteurs chassés, leurs écoles fermées, enfin, onenleva leurs enfants pour les faire élever dans la foicatholique. Pour échapper à leurs tyrans, les réformésvoulurent fuir à l’étranger : l’émigration fut interditesous peine des galères.
Alors sur plusieurs point les malheureux se prépa-rèrent à la résistance ; on envoya contre eux des trou-pes qui signalèrent leur passage par la dévastation,l’incendie et le massacre. Le moyen réputé le plus effi-cace par le barbare pouvoir, c’était les dragonnades ,