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HISTOIRE GÉNÉRALE
D’abord repoussé et traité de visionnaire 1 , il réussitenfin à obtenir d’Isabelle de Castille trois petits vais-seaux sur lesquels il s’aventura à travers l’Atlantique.La reine lui avait promis, en cas de réussite, la noblessepour lui et ses descendants, le titre d’amiral et de vice-roi, ainsi que le dixième des revenus des pays con-quis 2 .
Parti du port de Palos, en Andalousie, le 3 août 1492,Colomb atteignit, le 12 octobre, Guanahani, l’une desBabama, qu’il appela San-Salvador. Il visita les autresîles de cet archipel, puis découvrit Cuba et Haïti, nom-mée dès lors Hispaniola, où il fonda une colonie. Ilrevint ensuite en Espagne, où sa découverte provoquaun grand enthousiasme. Comme il croyait avoir touchéaux archipels de l’Asie, on nomma ces contrées lesIndes occidentales.
Dans un second voyage, Colomb découvrit la Jamaï-que et Porto-Rico. Dans un troisième, il aborda sur lescôtes de la Colombie, non loin des embouchures del’Orénoque. Revenu à Hispaniola, il entra en conflitavec une partie des colons espagnols, qui se révoltèrent.Accusé auprès de ses souverains, il fut chargé de ferspar le commissaire Bobadilla, et ramené ainsi en Espa-gne. La reine, il est vrai, le fit aussitôt délivrer et letraita avec beaucoup d’égards.
Dans un quatrième voyage, Colomb découvrit la côtedu Honduras. Mais il revint en Espagne fatigué etmalade. II mourut en 1506, à Yalladolid, dans la dis-grâce et une pauvreté relative, sans se douter qu’il avaitdécouvert un nouveau monde. Un navigateur florentin,Amerigo Vespucci, qui explora les côtes du continent eten publia la description, eut l’honneur de donner sonnom à VAmérique.
1 « Comment, lui disait-on, vous tiendrez-vous la tète en bas ? »
2 L’amour de la science tenait une part infime dans ces expédi-tions ; le besoin d’aventures et surtout le désir de s’enrichir unfurent les principaux mobiles.