HISTOIRE GENERALE
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lieu de voyager, comme avait fait Charles-Quint, il gou-verna le monde du fond de l’Escurial, sa résidence fa-vorite. Il était doué d’une énergie indomptable et d’unegrande puissance de travail. Mais il était fourbe, dissi-mulé, cruel. Pour faire triompher ses idées, il usa despires moyens.
Philippe II donna à l’Inquisition des pouvoirs illimi-tés dans ses Etats. En Espagne, il extirpa jusqu’aux der-
Fig. JG. — L’Escurial.
niers vestiges de la Réforme. Son despotisme jaloux etsoupçonneux s’attaqua aussi aux descendants des an-ciens maîtres du pays. Les Maures étaient une popula-tion paisible et travailleuse. Ils avaient transformé lesud de la péninsule en un véritable jardin. Philippedirigea contre ces sujets inoffensifs une véritable guerred’extermination. Des peuplades entières furent trans-plantées, d’autres massacrées, d’autres contraintes àémigrer en Afrique. 800000 Maures disparurent ainsidu sol de l’Espagne. L’agriculture, l’industrie, la pros-périté du pays en reçurent un coup mortel. Mais lesinstincts despotiques du monarque étaient satisfaits.
§ 28’. Indépendance des Pays-Bas. — Les Pays-Baspouvaient passer pour le joyau de la couronne des Habs-bourg. Le commerce et l’industrie les rendaient pros-pères, mais ils étaient d’autant plus jaloux de leursfranchises, que les princes avaient jusque-là respectées.