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HISTOIRE GENERALE
La Saxe, la Thuringe, la Silésie, le Schleswig, le Hol-stein furent horriblement dévastés, et les armées sué-doises pénétrèrent en Bohême et en Moravie.
Les Français, de leur côté, après avoir vaincu lesEspagnols à Rocroy, dans les Pays-Bas, envahissaient laSouabe et le bassin du Haut-Danube. Ils avaient à leurtète le maréchal Turennc et un jeune héros de 23 ans,le duc d’Enghien, futur prince de Condé. La victoired 'Allerheinif non loin de NOrdlingen, leur livra laBavière, qui fut aussi saccagée et désolée.
Ces victoires avaient abattu le courage du parti impé-rial. Depuis longtemps on était, de part et d’autre, lasde la guerre. Des négociations avaient commencé àMunster et à Osnabrück en Westphalie. Du reste, plu-sieurs des antagonistes étaient morts. Après Tilly, Gus-tave-Adolphe, Wallenstein, ce fut le tour de l’Empereur,le fanatique Ferdinand (1637), puis de lîichelieu (1642).Ferdinand III était moins intolérant que son père etdésirait la paix. Plusieurs des belligérants avaient poséles armes, ainsi le Brandebourg et la Saxe. Enfin, en1648, les Français et les Suédois s’avancèrent sur Viennede deux côtés à la fois, par la vallée du llhin et par laBohême ; les Suédois s’emparèrent de la citadelle dePrague. Ce fait d’armes devait être le dernier de laguerre ; celle-ci finissait là même où elle avait com-mencé. La paix de Westphalie venait d’être signée.
§ 47. Les traités de Westphalie. — Dès 1643 déjà, lesnégociations se poursuivaient à Munster et à Osnabrücken Westphalie. Comme la guerre avait été générale, laplupart des puissances européennes étaient représen-tées aux congrès, et les traités de Westphalie remaniè-rent complètement la carte de l’Europe. Ils fixèrent enoutre le droit public de l’Allemagne et la situation desprinces vis-à-vis de l’Empereur. Eniin ils mirent linaux querelles religieuses en réglant les rapports entreprotestants et catholiques.