I.A MONARCHIE ABSOLUE
107
construire les vaisseaux l , passa ensuite en Angleterre,puis à Dresde et à Vienne.
Mais au moment où il se préparait à taire le voyagede Venise, la milice indisciplinée des Strelit/,, mécon-tente des innovations du tsar et de l’immigration étran-gère, se révolta. Pierre revint en toute hâte et noyal’insurrection dans le sang. Le corps des Strelitz futaboli et l’armée russe lut réorganisée à l'européenne.
Dès lors, rien n’arrêta Pierre le Grand dans sonardeur réformatrice. 11 soumit la noblesse, non seule-ment à sa volonté, mais à ses caprices. Il l’obligea àadopter les vêtements 2 , la manière de vivre de l’Occi-dent, et à venir à sa cour. Il abolit le patriarchat; ilinstitua le Saint Synode, comme autorité ecclésiastique,et plaça l’Eglise russe sous l’autorité du tsar. Pierrefonda des écoles pour fournir des officiers à l'armée età la marine ; il entreprit aussi de grands travaux publicset créa des voies de communication dans son vasteempire.
Le tsar se heurta chez son peuple, au sein de la noblesseet jusque dans sa propre famille, à de vives résistances;mais il brisa tout avec une énergie parfois cruelle. Safemme fut mise à mort; son fils Alexis, qui blâmaitl’œuvre paternelle, périt aussi violemment. Les réfor-mes entreprises par Pierre le Grand étaient souventbrusques et prématurées. Sur la fin de son règne, ilreconnut qu’il n’avait fait qu’« habiller en hommes sontroupeau de bêtes ». Lui-même ne possédait qu’unvernis de culture ; il resta un demi-barbare, grossier,féroce, adonné à la boisson. Cependant ses efforts ontréussi à rapprocher les Russes des Occidentaux.
A l’extérieur, Pierre le Grand entreprit de s’étendreau détriment de la Pologne, de la Suède et de la Tur-quie. Jusque-là, la Russie était une puissance continen-
f «Je dois voir», répétait-il sans cesse. —A Saardani, il s’habillaen matelot hollandais et travailla huit jours sur les chantiers.
2 II rasa, de sa propre main, ses dignitaires.