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HISTOIKK «KNKRALK
se heurta âde vives résistances. Sa monarchie se compo-sait d’un ensemble de peuples disparates, ayant chacunses coutumes et ses mœurs. L’Empereur ne tint aucuncompte de cette diversité ; il voulut créer un Etat uni-forme et fortement centralisé. 11 introduisit la langueallemande dans les tribunaux magyars et voulut réorga-niser, en Belgique, l'administration de Injustice. Maisdes troubles éclatèrent en Hongrie; Joseph dut révo-quer ses ordonnances. Les Pays-Bas se soulevèrent. Ace moment, Joseph II revenait, malade et épuisé, de laguerre contre les Turcs. Le chagrin de voir ses projetsméconnus hâta sa mort.
Son frère Léopold II (1790-1792), réussit à compri-mer le soulèvement des Pays-Bas ; il rendit aux Etatsde la monarchie leurs anciennes institutions ; plusieursdes réformes furent abolies ; cependant l’édit de tolé-rance subsista et l’abolition du servage demeura un faitaccompli.
Quant à l’Empire d’Allemagne proprement dit, iln’existait plus guère que de nom. Composé de troiscent cinquante Etats environ, tant ecclésiastiques quelaïques, il offrait le plus bizarre assemblage. L'auto-rité de l’Empereur ou de la Diète était presque nulle.
§ 78. La France sous Louis XV. — Le règne deLouis XV avait mal débuté; il continua plus malencore. Le roi avait déclaré qu’il agirait comme sonprédécesseur, qu’il ne prendrait plus de premier minis-tre. Mais Loiris XV, paresseux et débauché, abandonnaen réalité le pouvoir à ceux qui savaient s’imposer àlui. Manquant d’initiative et de volonté, il fut toute savie le jouet de ceux qui l’entouraient et lui inspiraientses résolutions, bonnes ou mauvaises 1 .
1 « Homme sans âme et sans esprit, avait dit Choiseul, avant tousles défauts de l’àme la plus vile et la moins éclairée. » Louis XVprévoyait les catastrophes futures, mais, disait-il, « la machinedurera bien autant que nous. »