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A l’intérieur, il fallait donnera la Prusse une arméeexcellente, la meilleure de l’Europe. Bismarck soutintles efforts du roi et du ministre de la guerre. Mais lesréformes militaires rencontraient une vive oppositionau sein de la Chambre des députés. Celle-ci, en majoritélibérale, écoulait le parti du progrès, qui voulait main-tenir la paix et réaliser des économies. Elle refusa lebudget, et créa ainsi entre elle et le gouvernement unconflit qui dura de 18(11 à 186(1. Mais Bismarck passaoutre; le roi poursuivit la réorganisation militaire et yconsacra des sommes importantes, si bien que la Prusseposséda bientôt une armée parfaite, pourvue d’un ins-trument supérieur, le fusil à aiguille, et forte de iiOUOOhommes en temps de guerre.
A l’extérieur, Bismarck travailla à isoler l’Autriche, àla rejeter hors du corps germanique, puis à réunir enun seul faisceau les Etats allemands. Erançois-Josephessayait, sans succès il est vrai, de reconstituer la Con-fédération sur de nouvelles bases, et l’Autriche nevoulait pas se laisser exclure de l’Allemagne. D’autrepart, un grand nombre d’Etats allemands, surtout ceuxdu sud, étaient hostiles à la Prusse. 11 fallut vaincrepar la force cette double résistance. En présence de sesadversaires, la Prusse était capable d’arriver au résultatdésiré; mais une intervention étrangère pouvait toutcompromettre. Le diplomatie de Bismarck consista doncà s’assurer la neutralité des puissances.
Il gagna le tsar en l’aidant à soumettre une nouvellerévolte des Polonais. Il promit la Vénétie à l’Italie. Maispar dessus tout, il sut endormir les susceptibilités deNapoléon III, le tromper sur ses véritables intentions etleurrer la France en lui promettant de vagues compen-sations sur la rive gauche du Rhin, la cession de laBelgique, par exemple.
Trois guerres provoquées par la politique de Bismarckont réalisé ses plans : la guerre danoise, la guerre au-trichienne et la guerre franco-allemande. .