HISTOIRE CONTEMPORAINE
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réclame chaque jour davantage son intervention dansune foule de domaines réservés autrefois à l’initiativeprivée. Les nations modernes pratiquent l’étatisme.Plusieurs pays de l’Europe ont organisé officiellementl’assurance contre les accidents, la maladie, l’invaliditépour cause d’âge. — La création d’asiles, de refuges,d’hôpitaux honore la philanthropie du XIX me siècle.
Ailleurs ce sont des associations particulières quipourvoient à ces services, les unes d’une façon tout àfait indépendante, les autres avec le secours des pou-voirs publics. Le principe de la mutualité gagne chaquejour du terrain : les sociétés de secours mutuel, lessociétés de crédit mutuel, les sociétés coopératives deconsommation ont réalisé pratiquement l’améliorationdu sort des travailleurs.
Les lois sur les fabriques protègent le travailleur,obligent le patron à prendre des mesures utiles à sesouvriers, empêchent l’exploitation abusive de la femmeet de l’enfant.
Pour faciliter l’existence des ouvriers, les patrons,les sociétés philanthropiques, quelquefois aussi lesautorités locales ou régionales ont créé des cités ouvriè-res, fournissant aux travailleurs des habitations salu-bres et à bon marché, dont ils deviennent propriétairesavec le temps.
Certains patrons ont aussi mis en pratique quelques-uns des principes de Karl Marx en distribuant à leursouvriers tout ou partie du gain réalisé par leur indus-trie. Cette participation aux bénéfices associe l’ouvrierà la fabrique, encourage ses efforts, et l’intéresse à laprospérité de l’entreprise.
Enfin les ouvriers s’associent quelquefois entre euxet organisent des sociétés coopératives de production. Ilsse passent alors de patron : la société leur en tient lieu.Les organes dirigeant celle-ci n’ont aucun privilège.Le bénéfice se répartit entre tous les sociétaires. Lesentreprises de ce genre ont donné des résultats divers.