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LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
cette salle d’Odin, dans le paradis des Scandinaves,où les guerriers tués se relèvent sur leurs pieds etrecommencent à se battre. »
Cependant M m0 de Staël ne conservait pas sousle Consulat la haute action politique qu’elle avaiteue précédemment dans le cercle constitutionnel oùrégnait son ami Benjamin Constant; ceux qui serendaient à ses réunions étaient tenus pour suspectset les courtisans du futur empereur ne fréquentaientpoint par prudence le cénacle de l’auteur des Lettressur Rousseau. Un remarquable dessin de Debucourt,de la collection Hennin à la Bibliothèque nationale,représente une Confèrence de üf m0 de Staël, parune belle soirée d’été au jardin du Luxembourg;hommes et femmes font cercle autour d’elle, et laconversation semble fort animée.
Le salon de M m0 Bécamier, rue du Mont-Blanc,puis à Clichy-la-Garenne, était plus spécialementlittéraire que celui de Delphine ; ce fut un véritableterrain de conciliation pour tous les partis, car lapolitique.n’y trouvait aucun écho; la beauté écla-tante de la maîtresse de céans la fît non moinscélèbre que son esprit ne la rendit aimable. Les por-traits que nous ont laissés d’elle Gérard et Davidnous font comprendre l’admiration qu’elle rencon-tra partout où sa fraîcheur d’Hébé et la grâce de sonsourire de dix-huit ans se montrèrent. A cette épo-que où la société se composait de tant d’intérêts