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La française du siècle : modes - moeurs - usages / par Octave Uzanne ; illustrations a l'aquarelle de Albert Lynch ; gravées a l'eau-forte en couleurs par Eugène Gaujean
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NOS DÉESSES DE L’AN VIII. * 63

contraires, de passions hostiles, de professions dif-férentes et de prétentions exagérées, les réunionssemblaient pleines d’aspérités et les convenancesn’avaient pas encore suffisamment pris le dessuspour qu’on n’eût pas à craindre à tout instant deschocs, des froissements, des heurts de vanités mani-festes. Le talent de M mo Récamier fut d’apporterl’apaisemenl, la concorde, la bienveillance dans lemilieu où régnaient ses charmes. Dans son salon,les nobles susceptibilités des gens de lettres furentun moment aux prises avec l’arrogance du sabre;mais la charmante hôtesse préféra constammentl’homme de talent à l’homme en place et l’artistesincère au simple courtisan.

« M mc Récamier, raconte l’auteur des Salons deParis', est la première personne qui ait eu une mai-son ouverte où l’on reçût ; elle voyait d’abord beau-coup de monde par l’état de son mari ; ensuite, pourelle, il y avait une autre manière de vivre, une autresociété que celle que nécessairement son goût nepouvait comprendre avec ces hommes qui savent etconnaissent la vie. Portée à la bonne compagnie parsa nature, aimant ce qui est distingué, le cherchantet voulant avoir un bonheur intérieur dans cette mai-son où le luxe n’était pas tout pour elle, et où soncœur cherchait des amis, elle se forma une société et,

1. d’Abrantès, Histoire des salons de Paris, t. VI.

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