64 LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
malgré sa jeunesse, elle eut la gloire dès ce moment
de servir de règle et de modèle aux autres femmes. »
On rencontrait chez elle Garat, avec le charme deson chant fêté et acclamé de toutes parts, M. Du-paty, Hoffmann, Benjamin Constant, M. Després etson malicieux badinage, Adrien et Mathieu de Mont-morency, M. de Bouillé et souvent aussi M. de Cha-teaubriand, le grand ami, le demi-dieu des jours àvenir, M. de Bonald, M. de Valence, M. Ouvrard,Lucien Bonaparte et tous les hommes de bon ton,de manières courtoises qui affectaient l’extrêmequintessence du savoir-vivre. Les ambassadeurs, lesgénéraux, les anciens révolutionnaires et les roya-listes se voyaient là en bonne intelligence, semblantavoir abdiqué toutes leurs passions politiques.M mo de Staël manquait rarement aux fêtes intimesde sa jeune rivale chez laquelle elle se plaisait àreconnaître un esprit supérieur et comme un douxparfum de beauté, de modestie et de vertu parfaite.Parmi les dames de ce salon, on citait lady Holland,,M m0 de Ivrudner, M llc de Sévrieux, M m0 Junot,M m0 Visconti, lady Yarmouth, et tout ce que Pariscomptait de notabilités parmi la grande sociétéfrançaise et étrangère.
Ce fut chez M me Récamier que se donnèrent lespremiers bals en règle dans une maison particulièreaprès la Révolution. Ces fêtes étaient très suivies etla délicieuse Juliette savait varier sans cesse l’at-