84 ' LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
plus tard à Sainte-Hélène comme lui ayant été sifuneste dans la suite.
Le cercle de l’Impératrice, aux premiers joursde l’Empire, était gai et sans trop d’apparat ; on n’yvoyait pas encore de ces intrigues de Palais qui enfirent par la suite un endroit si périlleux pour lescourtisans. A cette époque on recevait une ou deuxfois par semaine quelques hommes de guerre, desciences et de lettres à souper aux Tuileries. — « Ons’y rendait à huit heures, raconte M mc de Rémusat, siprécise sur tous les détails intimes des Tuileries; onarborait une toilette recherchée, mais sans habit deCour ; on jouait dans le salon du rez-de-chaussée quifut plus tard celui de Madame. Quand Bonaparte ar-rivait, on passait dans une salle où des chanteursitaliens donnaient un concert qui durait une demi-heure ; ensuite on rentrait dans le salon et on repre-nait les parties ; l’Empereur allant et venant, causantou jouant selon sa fantaisie. A onze heures, on ser-vait un grand et élégant souper : les femmes seuless’y asseyaient. Le fauteuil de Bonaparte demeu-rait vide ; il tournait autour de la table, ne man-geait rien, et, le souper fini, il se retirait. A cespetites soirées étaient toujours invités les Princeset les Princesses, les grands officiers de l’Em-pire, deux ou trois -ministres et quelques mare-