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LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
milieu du fouillis des étoffes, des tapis boulever-sés, des ballots entr’ouverts. Elle avait fait de sespetits salons un temple à la toilette où tous lesmarchands étrangers et les vieilles brocanteuses debijoux et de soieries avaient un facile accès. Bona-parte avait interdit l’entrée du Palais à toute cettehorde mercantile, dépenaillée et sordide; il avait faitformellement promettre à sa femme de ne plus rece-voir à l’avenir ces échappés des Ghetto parisiens ;Joséphine jurait de ne le plus faire, pleurait un peu;mais le lendemain elle trouvait encore moyen defaire monter à elle ces bazars ambulants et de vivreà sa guise dans la poussière des paquets défaits,curieuse d’inventorier les soieries orientales, les bro-deries persanes, les fichus et les pierreries d’occa-sion, charmée par le chatoiement des couleurs, parla finesse des tissus, par l’imprévu des déballages.
« On lui apportait sans cesse, dit M me de Rému-sat, des bijoux, des schalls, des étoffes, des colifi-chets de toute espèce; elle achetait tout, sans jamaisdemander le prix, et, la plupart du temps, oubliaitce qu’elle avait acheté. Dès le début, elle signifia àsa dame d’honneur et à sa dame d’atours qu’ellesn’eussent pas à se mêler de sa garde-robe. Tout sepassait entre elle et.ses.femmes de chambre, quiétaient au nombre de sept ou huit. —Elle se levaità neuf heures ; sa toilette était fort longue ; il y enavait une partie fort secrète et tout employée à