LES COQUETTES I)U PREMIER EMPIRE. 93
de ses robes ; généralement Joséphine se coiffaitsimplement, à la manière antique, entremêlant dansses beaux cheveux noirs, relevés sur le haut de latête, des guirlandes de fleurs, des résilles de perlesou des bandelettes constellées de pierres précieuses.Le plus souvent elle portait ces robes blanches dontNapoléon raffolait et qui étaient faites d’un tissu demousseline de l’Inde si fin et si clair qu’on eût ditune robe de brouillard ; ce tissu oriental ne coûtaitpas moins de cent à cinquante francs l’aune. Au basde la jupe se trouvaient des bordures d’or brodé etde perles, et le corsage, drapé à gros plis, laissait lesbras nus et était arrêté sur les épaules par des ca-mées, des boucles de diamants ou des têtes de liond’or formant agrafes.
L’impératrice avait, comme la plupart des gran-des élégantes de l’Empire, la curieuse préoccupa-tion d’assortir toutes ses toilettes à la couleur dumobilier qui devait lui servir de décor et de repous-soir; une robe d’un bleu mourant convenait auxsalons de brocatelle jaune et une robe de Cour envelours vert myrte s’encadrait seulement dans destentures de damas de soie ponceau. C’était là ungrand souci pour toutes les dames aimant à paraîtredans le triomphe de leurs atours, et dit-on, lorsquela princesse Borghése, ci-devant M mo Leclerc, futreçue à Saint-Cloud, au lendemain de son mariage,elle faillit mourir de dépit en étalant sur le bleu pro-