ÉLÉGANCES ROMANTIQUES. 187
berline somptueuse dont les gens portaient la grandelivrée blanche. Rien ne manquait aux splendeurs decette exhibition, pas même ce joli équipage rose etargent de Justine , si bien décrit par Louvet dans leLongchamps de Fauhlas; seulement ce n’était plusalors la soubrette de la marquise de B..., que l’onvoyait dans cette mirifique voiture, et le carrossen’avait plus ni la forme rococo d’une conque ma-rine ni les tendres couleurs du siècle dernier, c’étaitquelque jeune actrice en vogue dont on admirait,sous le chapeau à larges bords, la tête mutine avecses touffes de cheveux à la Kléber qui tombaientdélicieusement sur les oreilles et dans le cou et luidonnaient un air frènético-romantique.
On n’entendait de tous côtés que les noms deVictorine , de Burty, de Gaqelin, de Palmyre, deil /" 10 Saint-Laurent et Ilerbaut, les modistes et cou-turières en renom; puis, dans les conversations defemmes, on su^renait des mots de Chalys-Kache-mires, de crépons d’Indoustan, de batistes duMogol, de mousselines de Golconde, de gazes deMemphis, de Chine agate, de tissus de Sandomir,de foulards de Lyon, de laines du Thibet, toute unegéographie de la mode qui, elle aussi, avait sesorientales ; on faisait l’énumération des plus jolismodèles de printemps et des étoffes nouvelles, —on discutait sur le bon goût et l’élégance suprême ;—- Longchamps était le grand bazar mouvant où