220 LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
le Mariage de Figaro; de M m0 Allan et de Bressantdans le Misanthrope ; de Frédérick Lemaître, de RoseChéri et de Lesueur ; de Mélingue et de M m0 Guyonet enfin du funambulesque pierrot Paul Legrand.
Le théâtre semblait avoir mordu les gens dumonde à ce petit endroit sensible : la vanité. « Toutsalon est un théâtre, — dit Auguste Villemot, dansune de ses spirituelles chroniques; tout paravent,une coulisse — tout beau-père est un souffleur, —cet élégant cabotinage amuse beaucoup les femmes ;d’abord le tracas n’est plus l’ennui, c’est toujours,cela de gagné ; — et puis il y a, dans la comédie desociété, mille combinaisons, où le cœur ou l’amour-propre trouvent leur compte. Il y a tout le manègedes répétitions, les déclarations autorisées par labrochure, la main pressée, les compliments adressésau personnage et dont la comédienne fait son profit ;il y a enfin, le jour de la représentation, des toilettespleines de fantaisie, un rôle qui rit, si on a de bellesdents, et qui sourit seulement dans le cas contraire ;enfin toutes les évolutions de la beauté calculées parla grâce et la coquetterie. — On me cite, poursuitVillemot, une femme d’un très grand monde, beau-coup plus fière encore de son opulente chevelureblonde que de ses aïeux. Le rêve de cette femme estde représenter Eve. — Elle est à la recherche d’unParadis perdu en prose ou en vers, et elle frappe àla porte de tous les poètes pour se le procurer. Un