I.A VIE MONDAINE EN 1850. 221
jeune et célèbre écrivain consent bien à se mettre àl’œuvre, mais il voudrait jouer le rôle du serpentqui est déjà distribué. En attendant, la dame jouetoute espèce de rôle, pourvu qu’il y ait un évanouis-sement; à ce moment, ses cheveux se détachent toutnaturellement, et l’effet est produit. »
Le Carnaval expirait au bruit des orchestres;mais, dés les premiers jours du carême, la sociétésemblait se recueillir et les élégances parisiennes separtageaient entre les prédicateurs et les vanités dumonde. — Des orateurs de la chaire faisaient descampagnes bibliques contre les frénésies du luxeféminin et contre la légèreté des mœurs ; la litté-rature sacrée trouvait des images saisissantes, desmétaphores hardies, contre les modes — gonfléesd’iniquités, — voulant peut-être parler ainsi descrinolines naissantes, mais encore gracieuses et nul-lement encombrantes. Les belles mondaines accueil-laient ces torrents d’éloquence avec une ferveurmarquée et beaucoup de componction, promettantde s’amender et de refréner leur luxe indiscutable;elles songeaient à devenir simplettes et décentessous la perkale ou le modeste organdi; mais, dès levendredi-saint, l’écho du vieux Longchamps ■— quin’existait plus guère qu’en souvenir — faisait encorerevivre en elles la passion invétérée de la mode etde la toilette.