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LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
Voyons un peu quels étaient les caprices et fan-taisies de la fashion à cette date qui est comme leméridien exact de ce siècle :
La Révolution de 48 n’avait pas apporté de nota-bles variations dans le costume en général ; tout auplus vit-on après les journées de février quelquesrubans tricolores aux robes et aux chapeaux et plu-sieurs manteaux Girondins, recouverts de trois petitslacets nuancés, faits de mousseline avec garnituresfestonnées ; mais rien d’excentrique ne parut dansle début de la seconde République. Le bon ton étaitporté à la simplicité et les véritables élégantess’appliquaient à suivre rigoureusement les modesen se gardant bien de jamais les exagérer.
R semblait nécessaire à une coquette mondained’avoir chez soi, le matin, une jolie robe de chambreen cachemire doublée de soie et ouatée, à mancheslarges, à pardessus polonaise se séparant de la robe ;les sous-manches de batiste ou jaconas bordées d’unentre-deux en broderie anglaise, avec volant brodéde même, posé en montant, du haut de l’entre-deux,et formant fichu à jabot. D’autres robes de chambrese faisaient en soie, satin à la reine, damas, doubléesde soie piquée, avec ornements de dentelle, galonvelouté ou ruban.
Pour les sorties de la matinée, visite ou prome-nade, on portait la redingote de soie riche, damas,reps ou gros de Tours, côtelé fond vert, noir, bleu,