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La française du siècle : modes - moeurs - usages / par Octave Uzanne ; illustrations a l'aquarelle de Albert Lynch ; gravées a l'eau-forte en couleurs par Eugène Gaujean
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LA FRANÇAISE DU SIÈCLE,voltigeaient éperdus, mélangés de postiches detoutes sortes, brûlés par lacide, rôtis par le fer,desséchés par lammoniaque; ces cheveux morts, quitombaient en chignon ou en frisures sous la toque,étaient bien la plus désagréable chose du monde,et jamais époque décadente ne nous offrit de plusgrotesques spécimens.. Les femmes semblaientprendre plaisir à se rapprocher de la caricature, dela paradoxologie du costume et des turlupinades dela mode ; plus on montrait alors dincohérence, defolie, dinvraisemblance dans ses ajustements, pluson risquait dêtre proclamée lincomparable reine dela fashion. Les journaux du boulevard, qui com-mençaient à iïiaugurer le reportage, se complai-saient dans les descriptions minutieuses des toi-lettes qui portaient le plus ouvertement un défi à laraison et au bon sens. Avec leurs catogans, leursimmenses coques sur le sommet de la tête, leursgrandes papillotes glissant à larrière, leurs rangéesde nattes, leurs repentirs ondulés et leurs rameauxfrisés qui tombaient jusque dans les yeux, les visagesféminins navaient rien de cette grâce que donneune coiffure naturelle; tout cela était faux, théâtral,emprunté, de mauvais lieu. Souvent, lorsquelleajoutait à ces buissons et à ces cascades de che-veux une petite toque en forme de boîte à dragées,avec sa robe courte aux tons braillards ou ses soie-ries bariolées aux couleurs dune écurie à la mode,