LES PARISIENNES DU SECOND EMPIRE. 243avec son ombrelle-canne, ses bijoux et' ses brelo-ques, une Parisienne avait, il faut bien le dire, quel-que chose d’une guenon costumée, lâchée en pleinemascarade simiesque, montrant une allure pleinede contorsions et une figure chafouine, au milieud’hommes vêtus de pet-en-l’air, culottés de collants,coiffés de chapeaux tyroliens à plume de paon,vilains babouins mi-rasés, non moins enlaidis etnon moins mal attifés que leurs compagnes.
A Gompiègne, à Biarritz, à Dieppe, à Trouville,à Bade, aux Eaux-Bonnes, à Plombières et dans lesvilles d’eaux et de plaisir, où se donnaient rendez-vous les élégantes du monde et les aventurières dela bohème dorée : toutes les femmes d’argent et deruolz, les manifestations du luxe devenaient sanslimites ; c’était à la fois un assaut de fantaisies dansle vêtement et dans la désinvolture, une furiad’extravagances, de lubies sans nom, de dépensesvoluptuaires faites exclusivement pour la galerie.On voyait en même temps des châles de laine tri-cotés avec des volants rouges, des robes somptueusesde soie brochée, des jupes de faille lamées d’orou d’argent, des casaquins chargés de broderies,des écharpes extravagantes, des burnous arabes avecagrafes de diamants, des tarlatanes à rayures d’or,des dentelles à torsades du même métal, sanscompter les bijoux, les médaillons, les broches, lescroix, les colliers avec plaques de pierreries et tous